Après le 18 octobre et sa poussée de l’UDC et du PLR au Conseil national en particulier, les électeurs de trois cantons romands ont rendu leurs bulletins au terme de seconds tours agités. L’avancée de la droite se traduira-t-elle aussi à la Chambre des cantons chez les Romands? Dimanche passé en Valais, c’est la constance qui l’a emporté: les deux représentants PDC ont été confirmés.

A Fribourg: le coup de force de Jean-François Rime

A Fribourg, le PS Christian Levrat et le PDC Beat Vonlanthen sont arrivés en tête au premier tour, et après le retrait du PLR Jacques Bourgeois, ils pouvaient miser sur une élection directe. C’était sans compter avec l’UDC, qui a lancé Jean-François Rime. Ce choix a provoqué des tensions avec les autres partis de droite, au point que les jeux d’alliances pour les élections cantonales de 2016 pourraient être bousculés. Le président de l’USAM prendra-t-il le siège du chef du PS suisse?

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A Genève: la droite divisée, au risque de ne rien gagner

Dans le canton de Genève, la droite est également en situation de profonde division. Après le retrait de Raymond Loretan au nom du PDC, la droite misait le ticket Benoît Genecand sur les rangs PLR, et l’UDC Yves Nidegger pour occuper le terrain de la droite dure. Mais celle-ci a musclé le ton en lançant également Eric Stauffer, du MCG, avec Yves Nidegger, sous la bannière de la Nouvelle Force. Ces atermoiements à droite favoriseront-ils les sortants de gauche, la socialiste Liliane Maury-Pasquier et le Vert Robert Cramer?

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Dans le canton de Vaud: un double suspense

Dans le canton de Vaud, les deux sièges sont également occupés par une socialiste, Géraldine Savary, et un Vert, Luc Recordon. Curieuse situation pour un canton clairement marqué à droite, mais les deux figures vaudoises, centristes, prennent des voix à droite. Cette fois cependant, le PLR veut y croire: Olivier Français, conseiller municipal à Lausanne, unique représentant de la droite dans l’exécutif de la capitale, a toutes ses chances, jugent certains stratèges. S’il devait passer, quelle place prendrait-il? L’enjeu vaudois s’enrichit d’une incertitude qui porte sur certaines personnalités connues du National. Si Olivier Français était élu, Fathi Derder retrouverait son siège à la Chambre du peuple, qu’il s’est fait ravir par Frédéric Borloz. Et si la socialiste ou le Vert sortant devait revenir au National, cela pousserait hors de la Coupole, respectivement Jean Christophe Schwaab ou la coprésidente des Verts suisses Adèle Thorens. Double suspense.

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