Quatre candidats pour deux fauteuils: Robert Cramer et Liliane Maury-Pasquier dans le camp rose-vert, Benoît Genecand pour l’Entente et Yves Nidegger pour la Nouvelle Force, sans alliance de droite élargie. Le scénario que «Le Temps» avançait dimanche au soir du premier tour se confirme lundi en prévision du deuxième tour.

Alors que le délai pour le dépôt des listes échoit mardi à midi, le PDC Raymond Loretan, quatrième dimanche, a annoncé lundi le retrait de sa candidature, au profit de son colistier Benoît Genecand. Derrière lequel il appellera les militants PDC à «faire bloc», pour «briser le monopole de la gauche».

«Un double objectif»

«Nous avons un double objectif, explique le président du PDC, Sébastien Desfayes, qui hier encore souhaitait maintenir la candidature de Raymond Loretan. Préserver l’Entente et s’assurer que le PLR partira avec nous dans la campagne pour le Conseil d’Etat en 2018. En revanche, il est exclu que nous soutenions une alliance avec la Nouvelle force. Le PLR a accepté de ne pas s’allier avec l’UDC et le MCG au second tour, il n’y aura donc pas de campagne commune.» Une posture qui devra être acceptée lundi soir par l’assemblée du parti.

En échange de son soutien clair au candidat Genecand, le PDC aurait «reçu l’engagement du PLR que l’Entente partira avec cinq candidats en 2018, ajoute Sébastien Desfayes. Trois PLR désignés par le PLR et deux PDC désignés par le PDC».

Eric Stauffer se veut encore menaçant

Du côté de la Nouvelle force, le MCG Eric Stauffer a également annoncé le retrait de sa candidature, «au profit de celle d’Yves Nidegger, en accord avec l’UDC», précise-t-il. Mais pour lui, «sans campagne commune de l’Entente et de la Nouvelle force, le deuxième tour sera une machine à perdre pour la droite». Au téléphone lundi, fort de ses 12 400 voix au premier tour, Eric Stauffer se voulait encore menaçant: «Si les quatre partis de droite ne font pas une campagne commune, je préférerais un ticket UDC-MCG en maintenant ma candidature.»

Une menace aussitôt relativisée par le président du parti, Roger Golay: «l’UDC doit se prononcer lundi soir. Je pense que sans campagne avec l’Entente, on part perdants. Mais si l’UDC accepte ce principe, nous en discuterons.»

Face au refus de l’Entente de toute campagne commune avec la Nouvelle force, cette dernière aura le dernier mot. Pour l’heure, Céline Amaudruz ayant retiré sa candidature, la droite dure brandit encore la menace d’un ticket Nidegger-Stauffer. Mais cette stratégie kamikaze assurerait la victoire de la gauche. UDC et MCG ont donc le choix entre perdre à coup sûr et donner une petite chance à la droite de récupérer un siège à la Chambre haute. Il y a fort à parier qu’ils préféreront cette deuxième option.