défense

Le Conseil des Etats veut maintenir le service obligatoire

Après le Conseil national, les Etats recommandent le rejet de l’initiative contre le service militaire obligatoire. Mais la question d’un service alternatif se pose toujours plus

Le Conseil des Etats veut maintenir le service obligatoire

Sans surprise, le Conseil des Etats a recommandé le rejet de l’initiative du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) «oui à l’abrogation du service militaire obligatoire», par 34 voix contre 7. Mais la question d’un service à la communauté alternatif revient toujours plus dans les discours des élus de droite.

C’est «une initiative qui vise à affaiblir l’armée et finalement à la supprimer», a accusé Hans Hess (PLR/OW). Une telle armée, qui n’aurait pas la confiance de la population, aurait des difficultés de recrutement et ne pourrait pas garantir la sécurité du pays. Les orateurs ont pourfendu un texte qui, en supprimant l’obligation, «supprime la cohésion nationale et sociale».

Il faut admettre, selon This Jenny (UDC/GL), que l’obligation générale de servir est aujourd’hui un modèle en difficulté, c’est un mythe. «Si l’armée est mise en péril, ce n’est pas par le GSsA, mais par ceux qui refusent de voir que la Guerre froide est finie et que les structures actuelles ne sont plus adaptées.» L’absence d’un modèle alternatif de service pour hommes et femmes a été regrettée par divers orateurs opposés à l’initiative.

Pour la minorité de gauche, le système actuel ne garantit plus l’égalité face aux obligations de servir puisque seuls 45% des conscrits accomplissent leur service en totalité. «Il n’est pas imaginable, pour une petite dizaine de milliers de soldats, d’astreindre toute une classe d’âge au service militaire obligatoire», a rappelé Luc Recordon (Verts/VD) en soulignant que, pour ses missions prioritaires, l’armée n’avait besoin que d’une dizaine de milliers de soldats.

Le Conseil national a recommandé le rejet de l’initiative par 121 voix contre 56 en décembre.

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