Le gouvernement demande aux Chambres de libérer 35 millions de francs supplémentaires pour les Pôles de recherche nationaux (PRN). Ce qui devrait porter à 14 le nombre de ces centres de compétences qui seront mis sur pied dans les prochains mois, du moins les plus avancés. Deux des quatre pôles prévus en sus concernent les technologies de communication: l'un, mené par l'Institut d'intelligence artificielle perceptive de Martigny, sur la gestion de l'information «multimodale interactive», et l'autre, piloté par le laboratoire de télécommunications de Martin Vetterli à l'EPFL, sur les systèmes d'information mobiles. Le troisième porte sur le management du risque dans le domaine de la finance, un projet porté par Rajna Gibson à l'Université de Zurich et avec l'EPFZ et la Haute école de Saint-Gall, tandis que le quatrième, basé à l'Université de Berne, traite des partenariats Nord-Sud face aux mutations de la mondialisation.

Ce dernier mettra un peu de baume au cœur des chercheurs actifs en sciences sociales et humaines, qui ont dénoncé, après l'annonce de la sélection politique des PRN, une mainmise des sciences appliquées à forte valeur ajoutée au détriment des recherches sociales (Le Temps des 22 décembre et 7 février). Sur les 18 projets ayant reçu la bénédiction scientifique du Fonds national, trois relevaient en effet de ces domaines, mais aucun n'avait trouvé grâce aux yeux du département de Ruth Dreifuss pour la première volée.

A l'instar des 10 PRN déjà entérinés, ces pôles s'étendront sur une dizaine d'années et seront pilotés par une institution leader qui injecte pour ce faire une somme substantielle. La mise totale des établissements participants est d'ailleurs supérieure au financement fédéral. Cette nouvelle carte scientifique aura donc des effets durables sur l'organisation de la recherche au plan national.

Les PRN ayant fait l'objet d'un fort lobbying aux Chambres en décembre dernier de la part des responsables d'universités et d'EPF, l'enveloppe supplémentaire ne devrait pas susciter de polémique majeure lors du débat parlementaire, qui aura vraisemblablement lieu en juin, si ce n'est quelques probables interpellations sur la question des sciences sociales.