La cheffe du Département fédéral de l'intérieur (DFI), Ruth Dreifuss, a annoncé mercredi la création au sein de son ministère d'une «unité administrative» appelée à renforcer la lutte contre le racisme et l'extrémisme. Approuvée par le Conseil fédéral, la nouvelle entité comptera 2,5 postes et sera rattachée au secrétariat général du DFI, dirigé par Claudia Kaufmann. Elle est dotée d'un budget de 15 millions de francs pour cinq ans (2001-2005).

Les tâches de l'unité, ou bureau, n'ont pas encore été clairement définies. Porte-parole du DFI, Suzanne Auer donne quelques pistes d'actions préventives, parmi «mille idées», dit-elle: il s'agira de mettre en place des bureaux de consultation destinés aux jeunes extrémistes ainsi qu'à leurs parents et de mener des campagnes de sensibilisation dans les écoles. Une «hotline» devrait être installée également afin de recueillir les appels de personnes victimes du racisme. Le bureau collaborera avec les cantons. Il a d'ores et déjà été décidé d'allouer un crédit de 2,5 millions de francs à la fondation Education et développement, qui, en accord avec les autorités scolaires cantonales, soutiendra des projets portant sur le racisme et les droits de l'homme. Le bureau ad hoc du DFI est chargé de mettre en œuvre les décisions et d'assurer la coordination, l'information, l'accompagnement, le contrôle et l'évaluation des projets.

La création de l'unité administrative en question est l'aboutissement d'un engagement pris par le Conseil fédéral suite à la publication en décembre 1999 du rapport de la Commission Bergier. Elle s'inscrit par ailleurs dans le plan récemment dévoilé par le Département fédéral de justice et police concernant les mesures à prendre pour lutter contre le racisme et l'extrémisme. «Le volet sensibilisation est ainsi réalisé», a déclaré Ruth Dreifuss.

Commission «ravie»

Indépendante des pouvoirs publics mais placée dans le giron du DFI, la Commission fédérale contre le racisme (CFR) est «ravie» de l'initiative du gouvernement, selon le terme de sa vice-présidente, Boël Sambuc. «C'est une mesure qui ne peut que renforcer notre action.» Créée en 1995, la CFR est un observatoire sans grands moyens financiers. Le bureau contre le racisme et l'extrémisme du DFI la décharge d'une partie du labeur administratif. «Nous gagnons même en indépendance grâce à un plus clair partage des tâches», estime Boël Sambuc.