réformes politiques

Le Conseil fédéral devrait davantage s’entourer de task forces

Un sondage s’intéresse aux réformes qui pourraient améliorer le système politique suisse. L’instruction civique est fréquemment citée

Un Conseil fédéral plus fort et une formation politique plus développée. Ce sont les deux souhaits le plus souvent exprimés dans le cadre d’une enquête d’opinion menée par l’institut gfs.bern sur mandat de la banque Julius Baer. L’objectif du sondage effectué en mai dernier auprès de plus de 1000 personnes de toutes les régions linguistiques et de deux gymnases de Zurich et de Lang­nau était d’identifier les réformes les plus susceptibles d’améliorer le fonctionnement du système politique suisse.

Il ressort de ce travail que 77% des personnes disposant du droit de vote soutiennent totalement ou en partie l’idée d’améliorer l’instruction politique de la population. La priorité consiste à éveiller l’intérêt des jeunes. Selon les résultats du sondage, il apparaît que les votations populaires constituent le socle le plus adéquat pour lancer des débats politiques, mais cela n’est pas suffisant. L’utilisation des réseaux sociaux est volontiers évoquée comme un vecteur possible pour la relance de la discussion politique. Et c’est surtout l’école qui devrait se préoccuper davantage de l’instruction civique et politique, «dès la septième année» et «au même niveau que les mathématiques», relève le sondage.

Le recul constant de la participation des jeunes aux consultations populaires est jugé inquiétant. «Mais l’école n’est pas la seule institution qui puisse prendre la responsabilité de la formation politique», relève l’institut gfs.bern. Les parents, les partis politiques et les associations sont également sollicités, tout comme les médias. L’essentiel étant que la formation politique reste neutre. Cette question est jugée primordiale, surtout si elle se fait en milieu scolaire, par 93% des personnes interrogées. 28% estiment cependant que l’éveil à la politique ne doit se faire que dans le cercle familial.

Juste derrière la formation politique, le sondage place la recherche du compromis en deuxième position. 76% des participants considèrent que c’est le meilleur moyen de trouver des solutions équitables aux problèmes du pays. En troisième place, avec 75% d’avis totalement ou partiellement favorables, vient le renforcement du Conseil fédéral. Il n’est pas question d’augmenter le nombre de ses membres. 71% des sondés considèrent que sa composition numérique actuelle ne doit pas être modifiée et seuls 19% sont d’avis qu’il faut davantage de conseillers fédéraux.

Comment rendre le gouvernement plus performant et plus percutant? Une piste évoquée dans le sondage est la constitution de task forces composées de hauts fonctionnaires, de représentants des cantons, des communes ou d’experts externes. Le Conseil fédéral ainsi élargi se réunirait en «retraites stratégiques» et des groupes de travail élaboreraient des scénarios portant sur des «thèmes stratégiques», suggère le rapport d’évaluation. Celui-ci propose aussi de réformer les entretiens de la Maison de Watteville entre le gouvernement et les partis qui le composent.

Il y a cependant un fossé entre les vœux théoriques exprimés dans ce sondage et la réalité. D’une part, des groupes de travail interdépartementaux sont déjà constitués lorsqu’un thème politique l’exige. D’autre part, lorsque le gouvernement prend l’initiative de mettre sur pied un groupe de réflexion sur un thème spécifique, cela se passe généralement mal. Un exemple récent le démontre: lorsque le monde politique a appris que la Chancellerie fédérale a chargé un groupe d’experts informel – nommé Democrazia Vivainta – de réfléchir à des pistes de réforme des droits populaires, cela a créé un tollé. Quant à la refonte des entretiens de la Maison de Watteville, plus personne n’y croit vraiment.

Le sondage évoque toute une série d’autres pistes: identifier la conformité d’une initiative populaire avec le droit international dès son lancement, adapter la majorité des cantons lors des modifications constitutionnelles en donnant davantage de poids à ceux qui sont le plus peuplés, par exemple. Autant de pistes déjà maintes fois évoquées mais qui ne se sont jamais concrétisées, faute de consensus ou de volonté politique. La modification du poids des cantons lors des scrutins populaires constitutionnels bénéficie d’une certaine «sympathie dans les grands cantons de Zurich, Berne et Vaud», mais cela ne suffit pas à y recueillir une majorité d’avis favorables, constatent les auteurs de l’étude.

Parmi les autres réformes envisagées, on notera encore que le renforcement du dialogue entre le Conseil fédéral et la population est soutenu par 73% des votants et l’idée d’une politique étrangère plus offensive par 60%.

71% des sondés considèrent que le nombre de membres du Conseil fédéral ne doit pas être modifié

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