Infrastructures

Le Conseil fédéral demande plus de fonds pour les routes et les agglomérations

Le gouvernement demande au parlement de libérer 14,8 milliards d’ici à 2030 pour le réseau routier et 1,34 milliard pour les agglomérations. Côté romand, trois projets de nouvelles infrastructures ont été repêchés

La circulation sur les routes nationales et dans les agglomérations doit être améliorée. Le Conseil fédéral a revu de nouvelles enveloppes à la hausse. Il demande au parlement de libérer 14,8 milliards de francs d’ici à 2030 pour désengorger le réseau et 1,34 milliard pour les agglomérations.

La mobilité et les embouteillages augmentent chaque année, a rappelé vendredi à la presse la ministre des Transports Doris Leuthard. Selon les prévisions de trafic, environ 20% du réseau des routes nationales seront régulièrement surchargés d’ici à 2040; d’où la nécessité d’éliminer les goulets d’étranglement de manière ciblée.

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Le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (Forta) approuvé par le peuple l’an dernier assurera le financement de ces projets. Après la consultation, le Conseil fédéral prévoit 1,3 milliard de plus pour les routes et 225 millions de plus pour les agglomérations.

Le Locle «libéré du trafic de transit»

Pour l’étape d’aménagement 2019, le gouvernement veut consentir 2,3 milliards de francs aux projets de contournement du Locle (NE, 481 millions), de Crissier (VD, 316 millions) et de Lucerne (1,47 milliard). Ces projets sont bien avancés.

Localité frontalière, Le Locle sera «libérée du trafic de transit», a justifié Doris Leuthard. Les deux autres projets visent à transférer le trafic des routes cantonales aux routes nationales, et ainsi à désengorger les zones résidentielles. Pour la ministre, le projet lucernois permettra plus de flexibilité en cas d’accident ou de travaux d’entretien.

Crédit pour le deuxième tunnel du Gothard

Parallèlement à l’étape d’aménagement, le gouvernement soumet au parlement un crédit d’engagement pour des projets de grande envergure, notamment la construction d’un deuxième tunnel du Gothard. A cet effet, il demande aux Chambres de libérer 2,08 milliards de francs.

Le Conseil fédéral prévoit également un crédit de 8,156 milliards de francs pour la période 2020-2023. Cette somme sera consacrée aux dépenses pour l’exploitation, l’entretien et les adaptations du réseau des routes nationales. La réfection des revêtements et des ponts, notamment, coûte environ 1,1 milliard de francs par année.

Trois projets romands repêchés

Pour les agglomérations aussi, le Conseil fédéral a revu à la hausse son enveloppe. Au total, 37 des 55 villes et agglomérations de Suisse avaient remis un projet à la Confédération pour un montant de 6 milliards de francs environ. Après la consultation, le gouvernement a décidé de prendre en compte des mesures supplémentaires.

Côté romand, il a repêché une nouvelle route de desserte du terminal pour le transport combiné à Monthey (VS), un pont routier supplémentaire sur le Rhône à Sion et le prolongement de la ligne de tram Nations-Grand Saconnex à Genève. Outre-Sarine, la jonction d’Aesch (BL), l’électrification de deux lignes de bus à Zurich et de mesures liées à la transformation de la gare de Berne sont concernées.

Contribution maximale pour Lausanne-Morges

Parmi les projets majeurs retenus par le Conseil fédéral figurait dès le départ la réalisation d’une étape supplémentaire du métro lausannois. L’agglomération Lausanne-Morges devrait bénéficier à cet effet d’une contribution maximale de la Confédération portée à 135,26 millions au lieu des 132,07 millions de francs prévus.

Les critères d’attribution ont été revus afin d’éviter que les projets traînent. Les projets présentés doivent être mûrs. Et les bénéficiaires auront six ans pour lancer les projets, faute de quoi les moyens alloués reviendront à la Confédération. Pour la première génération, «58% du crédit total ont été engagés actuellement», a précisé la ministre des transports. «Il faut aller de l’avant.»

 

 

Essence pas plus chère

Bonne nouvelle pour les automobilistes et les contribuables, un renchérissement du prix de l’essence ne sera pas nécessaire avant le milieu des années 2020. Le niveau des fonds de Forta ne devrait en effet pas tomber avant en deçà de 500 millions, seuil prévu pour déclencher une hausse de 4 centimes de la surtaxe sur les huiles minérales.

Le fonds contient 1,8 milliard de plus que ce qui avait été calculé en 2014. De plus, a précisé Doris Leuthard, certains projets ne sont pas encore près d’être réalisés et les sommes sont bloquées dans le fonds.

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