Elles ont préféré servir la cause des femmes plutôt que leur ambition personnelle. La présidente des femmes PDC, Brigitte Hauser, et la vice-présidente du parti, Rosmarie Zapfl, renoncent à se porter candidates au Conseil fédéral. Elles laissent ainsi la voie libre aux deux seules prétendantes déclarées: la Saint-Galloise Rita Roos et l'Appenzelloise Ruth Metzler.

Dans un communiqué commun publié mercredi soir, les deux démocrates-chrétiennes soulignent que leur candidature n'aurait été nécessaire que si le parti n'avait pas eu d'autres candidates féminines «compétentes et valables». Elles estiment par ailleurs nécessaire de voir un maximum de régions représentées au Conseil fédéral malgré l'assouplissement de la clause cantonale. Le Valais et Zurich disposant déjà d'un ambassadeur au collège gouvernemental, il vaut mieux laisser la place à des femmes d'un autre canton, relèvent Brigitte Hauser et Rosmarie Zapfl.

Brigitte Hauser aux Etats?

Ces deux défections ne constituent pas une surprise. Comme présidente des femmes PDC, Brigitte Hauser a toujours déclaré que sa priorité n'était pas de mettre en avant sa personne, mais de présenter une candidate compétente ayant des chances d'être élue. La Valaisanne a voulu assumer cette responsabilité jusqu'au bout. L'inverse eût été un très mauvais calcul, d'autant que les probabilités étaient minces de la voir accéder au Conseil fédéral. Députée au Grand Conseil valaisan depuis 1990, elle n'a siégé ni sous la coupole fédérale, ni dans un exécutif. En faisant preuve de sagesse politique, cette femme de 45 ans assoit sa stature nationale, acquise en prônant la dépénalisation de l'avortement. Et elle augmente ses chances dans la course aux élections fédérales d'octobre, lors de laquelle elle souhaite briguer un siège au Conseil des Etats.

Contrairement à Brigitte Hauser, Rosmarie Zapfl présente l'avantage d'être conseillère nationale depuis 1995 et, donc, d'être connue à Berne. Mais ce seul mandat aurait probablement été insuffisant pour lui ouvrir les portes du Conseil fédéral. On reproche à cette vice-présidente du PDC son profil trop effacé. Son âge, 60 ans, est en outre considéré comme peu compatible avec la charge, très lourde, de conseiller fédéral. «Mon parti, admet-elle, souhaite soutenir une femme d'une génération plus jeune.»