Près de 3 millions de personnes vaccinées dont la moitié complètement, recul des nouvelles infections, retour des activités en extérieur: les conditions sont remplies pour procéder à un nouvel assouplissement des restrictions dès lundi 31 mai. Le Conseil fédéral l’a confirmé mercredi.

Comme prévu, les salles des restaurants et les bars pourront de nouveau accueillir des clients, en l’occurrence par tables de quatre au maximum et à condition que tout le monde soit assis et que les coordonnées de tous les convives soient enregistrées. A l’extérieur, des groupes de six personnes pourront s’attabler ensemble. Dedans comme dehors, le masque pourra tomber dès que l’on sera assis. Le président de GastroSuisse, Casimir Platzer, se dit «soulagé» et espère un «excellent été» pour sa branche.

Notre suivi de la journée du 26 mai

Le conseiller fédéral Alain Berset annonce également la levée de la fermeture obligatoire de 23 heures à 6 heures du matin. Cela ne concerne cependant pas les discothèques, qui ne sont pas encore autorisées à rebrancher les platines. Une nouvelle étape d’assouplissement pourrait intervenir le 1er juillet. Le Conseil fédéral se déterminera à mi-juin à ce sujet.

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Les risques des retransmissions de l’Eurofoot

A l’approche de l’UEFA Euro 2020, le ministre de l’Intérieur, qui porte mieux que jamais son surnom de fonction, appelle cependant à la vigilance: «Beaucoup de gens risquent de passer beaucoup de temps sans masque.» Des projections publiques pourront être organisées. Comme ce sera le cas pour toutes les manifestations accueillant du public et les cérémonies religieuses, elles, pourront accueillir jusqu’à 100 personnes à l’intérieur et 300 à l’extérieur. Si des consommations sont proposées, ce qui sera le cas dans les bars et restaurants, il faudra rester assis et se répartir par tables de quatre en salle et de six sur une terrasse.

Le Conseil fédéral lève dès lundi la quarantaine pour les personnes vaccinées et donne du mou pour les grandes manifestations en général. Dès le 1er juin, des expériences pilotes pourront être menées. Elles pourront compter jusqu’à 600 participants en salle et 1000 en plein air. Chaque canton pourra en proposer cinq au lieu des trois prévues initialement. Celui de Neuchâtel en a par exemple autorisé trois: une course pédestre (le Swiss Canyon Trail, au Val-de-Travers), un récital de piano et le tour cycliste populaire du canton.

Quid en cas d’annulation?

Le Conseil fédéral précise les règles pour la période estivale. Dès le 1er juillet, le nombre maximal sera de 1000 à l’intérieur mais sera porté à 5000 à l’extérieur, pour autant que tout le monde soit assis et que la capacité de l’endroit ne soit occupée qu’aux deux tiers. Pour un concert en open air, 3000 personnes debout et masquées pourront être admises.

A partir du 20 août, les plafonds seront relevés à 10 000 personnes à l’intérieur comme à l’extérieur. Cet assouplissement reste cependant tributaire de la situation sanitaire et du degré de vaccination de la population qui émet le souhait de se faire injecter un antivirus. Que se passera-t-il si une telle manifestation, par exemple un festival, une foire ou un comptoir au bénéfice d’une autorisation cantonale, doit quand même être annulée en raison d’une recrudescence de la pandémie?

«De telles annulations sont peu probables, mais il faut rester prudent», répond Alain Berset. C’est pourquoi le Conseil fédéral a précisé les contours de ce qu’il appelle le «parapluie de protection». S’appuyant sur la loi Covid-19, la Confédération et les cantons prendraient à leur charge une partie du découvert, mais 5 millions au maximum pour chaque part. Quant aux organisateurs, ils devraient assumer une franchise de 5000 francs sur le découvert et une quote-part de 10% sur le montant restant, soit moins que ce qui avait été esquissé en avril.

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Télétravail: dépistage controversé

Le Conseil fédéral relâche la bride pour les rencontres privées. Fini la règle des 10 au salon et des 15 dans le jardin. Jusqu’à 30 personnes pourront se rassembler à l’intérieur et 50 à l’extérieur. Des spectacles ou des manifestations sportives d’amateurs pourront réunir jusqu’à 50 participants. Cette limite tombe en revanche pour l’enseignement universitaire, mais les hautes écoles doivent mettre sur pied des plans de dépistage.

C’est également ce qui est attendu des entreprises pour qu’elles puissent autoriser leurs employés à retourner à leur poste de travail. Formellement, l’obligation de télétravail est remplacée par une recommandation, mais les employeurs doivent pour cela proposer à leurs équipes un dépistage hebdomadaire.

Les milieux patronaux se sont opposés à l’obligation de tester régulièrement les salariés. L’Union suisse des arts et métiers (USAM) et le Centre patronal parlent de «charge bureaucratique supplémentaire intolérable». «Les plans de protection ont fait leurs preuves, pourquoi les remplacer par des plans de dépistage complexes?» s’étonne le Centre patronal. Economiesuisse demande de son côté que les tests puissent être effectués «à un coût raisonnable comme c’est déjà le cas dans les cantons de Zurich, Bâle-Campagne ou des Grisons». La Confédération prévoit de prendre le coût du «dépistage répété» à sa charge.