Le Conseil fédéral a débloqué, mercredi, une somme de 35 millions de francs pour soutenir la hausse annoncée du nombre d'étudiants d'ici à 2003. Acceptée par les Chambres en octobre 1999, cette enveloppe devrait aider les hautes écoles qui feront face à un afflux extraordinaire d'étudiants dû à l'introduction de la nouvelle maturité. En effet, le bac nouvelle cuvée uniformise progressivement la durée d'études à trois ans pour tous les cantons: certains lycées étant toujours au régime des quatre ans, ils vont donc libérer une double volée durant trois ans.

Selon la Conférence des directeurs de l'Instruction publique, 1810 maturités supplémentaires devraient être délivrées en 2002, et 3350 l'année suivante: même si la totalité de ces jeunes n'ira pas nécessairement à l'université, l'afflux est conséquent – les universités suisses comptent quelque 110 000 étudiants. Raison pour laquelle la Confédération débloquera 5 millions de francs cette année, puis respectivement 10 et 20 millions pour soulager les hautes écoles, en proportion du nombre d'étudiants débutants provenant des cantons qui auront connu une double volée. Avant d'y renoncer, la Conférence universitaire suisse avait même envisagé d'augmenter temporairement les taxes pour dissuader quelques prétendants à la licence.

«Augmentation dérisoire»

En Suisse romande, toutefois, les responsables académiques sont loin de voir des hordes de jeunes envahir leurs auditoires. «Augmentation dérisoire», a-t-on déjà estimé à Genève: «On ne s'attend pas à une grande foule», ajoute-t-on à Neuchâtel, qui recevra tout de même deux fois plus de gymnasiens biennois. La maturité en trois ans est en effet une pratique courante de ce côté de la Sarine. Les hausses d'effectifs proviendront donc surtout des débutants issus des cantons alémaniques, qui, dans la population des universités romandes, comptent en moyenne presque autant que les jeunes étrangers. Les hautes écoles étant désormais soutenues par la Confédération en fonction notamment du nombre d'étudiants qu'elles accueillent, cette hausse temporaire est même vue à Neuchâtel comme «une heureuse nouvelle».