Epidémie

Le Conseil fédéral ordonne l'isolement des volailles pour prévenir les risques de grippe aviaire

Dès mercredi, les mesures de sécurité contre la grippe aviaire seront renforcées sur tout le territoire suisse. Un cygne contaminé a été découvert lundi dans le canton de Fribourg

Après l’apparition de la grippe aviaire au bord du lac de Constance et du Léman, les autorités ont décidé d’étendre la zone de contrôle à toute la Suisse dès mercredi, et ce jusqu'au 31 janvier 2017. Le but est d’éviter tout contact entre oiseaux sauvages et volailles domestiques. La détention en plein air de la volaille, des oiseaux nageurs et coureurs est soumise à des mesures restrictives, a indiqué mardi l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) dans un communiqué.

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Afin d’éviter tout contact entre des oiseaux sauvages et des volailles domestiques, ces dernières doivent être alimentées et abreuvées dans un poulailler fermé, inaccessible aux oiseaux se trouvant à l’extérieur, explique l’OSAV. «Notre seul but est de protéger la volaille», a déclaré mardi Hans Wyss, directeur de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). 

 Des enclos fermés

Si ces restrictions ne peuvent être appliquées, les animaux doivent être placés dans des locaux fermés ou des poulaillers munis d’un toit imperméable et de parois latérales fermées. Les exploitants qui détiennent des gallinacés doivent, en outre, consigner les animaux présentant des anomalies et des symptômes spéciaux, précise l’OSAV.

Selon Lukas Perler, responsable du secteur lutte contre les épizooties de l'OSAV, ces mesures ne devraient pas poser problème aux éleveurs. Ils disposent déjà d'un système permettant d'éviter tout contact entre le cheptel domestique et les oiseaux sauvages. En revanche, ceux qui détiennent des poules pour le plaisir devront s'adapter.

Près de 20 000 exploitations en Suisse

Au total, la Suisse compte environ 20 000 exploitations, incluant les éleveurs professionnels mais aussi les privés détenant quelques poules. «Tout le monde est obligé de l'annoncer pour que l'on puisse voir où sont les risques», a indiqué Hans Wyss. L'ordonnance de l'OSAV précise également que les marchés, les expositions et autres manifestations présentant de la volaille seront interdits.

Lukas Perler note que si une bête est contaminé dans une exploitation, il faut abattre tout le groupe. Le virus peut entraîner jusqu'à 15% de décès par jour et se transmet par contact avec les déjections ou les fluides corporels.

Un cygne contaminé à Estavayer

Un cas avéré de grippe aviaire a été découvert dans le canton de Fribourg. Un cygne tuberculé est mort du virus H5N8 à Estavayer, au bord du lac de Neuchâtel, a indiqué mardi le vétérinaire cantonal fribourgeois. Son cadavre a été découvert lundi sur la plage par un garde-faune.

En Hongrie, en Croatie, en Allemagne ou encore en Autriche, où l'épidémie a également frappé, des cas de grippe aviaire ont été découverts au sein de la volaille quelques jours après l'apparition du virus sur les oiseaux sauvages. Raison pour laquelle, il faut agir en amont, rappelle Hans Wyss.

Le risque zéro n'est jamais exclu

Malgré cette situation, il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à enfermer la volaille si les consignes édictées par l'OSAV sont respectées, souligne Lukas Perler. L'expérience de 2006, où la Suisse avait déjà été touchée par une épidémie de grippe aviaire, a montré que ces mesures étaient suffisantes.

Mais il faut rester prudent avec les comparaisons. Il y a dix ans, il s'agissait d'une autre souche, continue-t-il. Même si l'aviculteur enferme sa volaille, il y a toujours un contact indirect. Le risque zéro n'est jamais exclu.

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