Les branches qui dépendent du tourisme sont davantage pénalisées, a fait savoir le gouvernement. En raison du décalage entre l’évolution des taux de change et celle de la demande touristique, le recul de cette dernière devrait se poursuivre jusqu’en 2012.

Le Conseil fédéral veut aussi prolonger jusqu’en 2015 les mesures concernant l’assurance suisse contre les risques à l’exportation prises dans le cadre du programme de relance. Des mesures ciblées, comme la possibilité d’abaisser ou de supprimer le supplément appliqué aux polices libellées en devises, devraient accompagner ce volet.

Technologie et innovation

La Commission pour la technologie et l’innovation (CTI) devrait, quant à elle, se voir verser une enveloppe totale de 20 millions supplémentaires pour 2011 et 2012. Cette hausse devrait permettre aux instruments de promotion existants de déployer des effets efficaces et de longue durée en faveur des industries d’exportation.

Le geste du gouvernement s’accompagne, en outre, de la possibilité, limitée à un an, de réduire la contribution d’au moins 10% en espèces que les partenaires des entreprises doivent généralement payer. Des contributions fédérales seront, de plus, attribuées plus fréquemment pour des coûts d’infrastructure et de matériel.

Le Conseil fédéral a par ailleurs chargé l’administration d’analyser la question de la transmission des avantages de change lors de l’importation de prestations intermédiaires. Le groupe de travail mixte économie-administration, qui suit depuis décembre 2008 l’évolution du financement des entreprises, sera pour sa part maintenu et soumettra tous les trois mois un rapport au Département fédéral de l’économie.

Miser sur le long terme

D’une manière générale, le gouvernement note que la situation s’est détendue sur le marché des changes depuis le début de l’année. Malgré le renchérissement de l’euro, les conséquences restent lourdes pour les entreprises exportatrices et le tourisme.

Le Conseil fédéral rappelle que sa politique ne repose en principe pas sur des mesures interventionnistes. Celle-ci consiste à soutenir les entreprises en mettant en place des conditions-cadres favorables. Il faut en revanche maintenir, voire renforcer, toutes les mesures de croissance prises sur le long terme, comme les accords de libre-échange avec des pays émergents.

Réactions plutôt positives

La Conférence des chefs des départements cantonaux de l’économie publique salue la décision du Conseil fédéral, en particulier les mesures prises à l’égard de la branche touristique. Celle-ci génère chaque année 29 milliards de francs de revenus et contribue à hauteur de 5% au produit intérieur brut (PIB) de la Suisse, rappelle la CDEP.

Suisse Tourisme, qui recevrait 24 millions de plus sur deux ans, affirme que l’enveloppe serait avant tout investie en Suisse. Mais des marchés émergents hors Europe seraient aussi bénéficiaires. Au Brésil, une agence serait ouverte plus tôt que prévu et la publicité renforcée dans les pays du Golfe, en Russie, Chine et en Inde.

Pour l’Union syndicale suisse, tout cela n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois: le Conseil fédéral essaie par des mesures «ponctuelles et maigrichonnes» de résoudre sans s’y attaquer sérieusement une situation dramatique pour l’industrie d’exportation.