Le Conseil fédéral maintient le cap afin de réduire l’attractivité du service civil. A l’issue de sa procédure de consultation, il a même renforcé les mesures à cet effet dans son message au parlement, les étendant à l’interdiction pour les civilistes de partir en mission à l’étranger.

Créé en 1996, le service civil a connu de plus en plus de succès. En 2018, il a attiré 6200 jeunes, un chiffre en nette hausse ces huit dernières années, malgré un léger recul l’an dernier. Surtout, il a séduit 2300 militaires ayant déjà achevé leur école de recrue et même 350 officiers et sous-officiers, dont l’instruction a coûté beaucoup de moyens à l’armée.

Pas de libre choix

Face à ce problème, le Conseil fédéral, l’UDC, le PLR et le PDC, de même que 19 cantons ont tiré la sonnette d’alarme et rappelé que l’obligation de servir est inscrite dans la Constitution. «Il n’y a pas de libre choix entre les services militaire et civil. Ce dernier est uniquement réservé aux personnes ayant un problème de conscience», a insisté Guy Parmelin, le nouveau chef du Département fédéral de l’économie. A moyen terme, la hausse des admissions au service civil était susceptible de «menacer» l’effectif réglementaire de 100 000 militaires prévu par le projet de développement de l’armée.

Dans un premier temps, le gouvernement a pris des mesures pour dissuader les militaires et les gradés de quitter l’armée. Il a notamment fixé un minimum de 150 jours à accomplir dans le service civil alors que ceux-ci ont pourtant déjà servi sous les drapeaux. Mais la consultation a montré que beaucoup de milieux souhaitaient aller plus loin. Raison pour laquelle le Conseil fédéral a ajouté l’interdiction de partir à l’étranger pour les civilistes. Cette mesure ne concerne pourtant qu’environ 1% d’entre eux.

Référendum annoncé

«Ce message du Conseil fédéral sape des principes importants comme l’égalité de traitement entre toutes les personnes astreintes à l’obligation de servir ou le droit de faire valoir en tout temps un conflit de conscience», réagit Lisa Mazzone, coprésidente de la Fédération suisse du service civil (CIVIVA). Selon cette dernière, les mesures envisagées engendreraient une importante perte de qualité des prestations dans le social, la santé, l’agriculture ou la protection de l’environnement.

Comme il faut s’attendre à ce que le parlement entérine ce projet, il y a fort à parier que le peuple devra trancher la question suite au référendum qu’annonce déjà CIVIVA.