Si la courbe, en particulier celle des hospitalisations, ne s’infléchit pas dans la semaine qui vient, le Conseil fédéral prendra de nouvelles mesures nationales lors de sa prochaine séance mercredi prochain. Elles concerneront trois domaines: les rassemblements (publics et privés), les manifestations et les lieux et établissements publics. Pourquoi seulement mercredi prochain? Pour deux raisons, explique Alain Berset. Premièrement, il faut compter une dizaine de jours pour ressentir l’effet des décisions précédentes. Or, l’extension de l’obligation de porter un masque dans les lieux fréquentés par le public est entrée en vigueur ce lundi. La limitation à 15 du nombre de personnes autorisées à se rencontrer sans restrictions dans l’espace public et privé également.

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Deuxièmement, si un train de mesures supplémentaires doit être décidé, il doit préalablement être présenté aux cantons, poursuit Alain Berset. Il rappelle que, depuis le 19 juin, la Suisse est de nouveau dans la «situation particulière» en vertu de la loi sur les épidémies. Celle-ci confère aux cantons la responsabilité de contenir l’expansion de la pandémie. Ceux-ci peuvent aller au-delà des décisions prises sur le plan fédéral. Mercredi, le Valais, Bâle et Soleure ont fait usage de cette marge de manœuvre.

Confinement partiel pas formellement exclu

Si le Conseil fédéral veut intervenir plus fermement, comme il l’a fait ce printemps, il devra se poser la question du retour à la «situation extraordinaire» et au droit d’urgence, que tout le monde souhaite éviter. Alain Berset confirme que plusieurs scénarios sont envisagés. Deux sont exclus: «Il n’est pas question de ne rien faire, mais il n’est pas non plus question de tout fermer pendant dix-huit mois», résume-t-il. L’hypothèse d’un confinement partiel, sectoriel et limité dans le temps, qui pourrait entraîner la fermeture de certains lieux de rencontre où le risque d’infection est jugé significatif, est l’une des variantes possibles. «Nous ne sommes pas encore au point où nous devons envisager une telle mesure. Mais cela peut changer très vite. En trois semaines, la situation en Suisse est passée de l’une des meilleures du continent à l’une des plus mauvaises. Les deux à trois semaines à venir seront décisives», résume Alain Berset. Qui insiste: «Le virus n’a pas deux jambes qui lui permettent de se promener d’une personne à l’autre. Les infections se font par les contacts entre les personnes. Plus on réduit ces contacts, moins la maladie se propage.»

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La branche de la restauration est aux aguets. GastroSuisse veut absolument éviter toute nouvelle fermeture et affirme que le plan de protection de la branche s’est révélé efficace. «Un nouveau confinement ou d’autres restrictions non viables sur le plan économique mettraient encore davantage en péril l’existence de l’hôtellerie-restauration», relève l’organisation, qui rappelle dans un communiqué que la branche a perdu 33 000 emplois durant le premier semestre de 2020. Ce jeudi, Alain Berset rencontre les ministres cantonaux de la Santé pour faire le point. De son côté, Guy Parmelin s’entretient avec les associations économiques et les syndicats.