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Le lanceur de drapeaux Markus Lauper, habitué des lieux, devant le palais fédéral, 18 septembre 2017.
© PETER KLAUNZER

Election

Conseil fédéral: le script de la matinée

Après avoir rendu hommage à Didier Burkhalter, l’Assemblée fédérale procède ce mercredi matin à la désignation de son successeur. Mode d’emploi et anecdotes

C’est jour d’élection à Berne. Les 246 membres de l’Assemblée fédérale se réunissent dès 8h pour désigner le successeur du conseiller fédéral Didier Burkhalter. La cérémonie débute par la lecture de la lettre de démission par le secrétaire général de l’Assemblée fédérale, Philippe Schwab. Puis le président de séance, l’UDC zurichois Jürg Stahl, rend hommage au démissionnaire. Didier Burkhalter prend ensuite la parole devant les députés fédéraux.

Retrouvez tous nos articles sur la succession de Didier Burkhalter.

Ensuite, l’élection

Après ce cérémonial vient la procédure d’élection. Le premier vote est entièrement libre. Il sert souvent de défouloir. Les grands électeurs peuvent inscrire le nom de n’importe quel citoyen éligible sur leur bulletin. Des voix peuvent être accordées à des personnes qui ne sont pas officiellement candidates.

Il est fréquent que les parlementaires fassent usage de ce droit et s’expriment, en guise de protestation, en faveur d’un représentant d’un autre parti que celui à qui revient le siège vacant ou de quelqu’un que le parti en question n’a pas retenu. Des voix éparses pourraient ainsi être accordées à l’ancienne conseillère d’Etat Laura Sadis, que son parti n’a pas retenue.

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Jean-François Rime, champion absolu des candidatures sauvages

Depuis l’éviction de Christoph Blocher, l’UDC a systématiquement revendiqué tous les sièges vacants pour tenter de récupérer ce second fauteuil gouvernemental après lequel elle court depuis 1999, date à laquelle elle est devenue le premier parti du pays.

Le candidat sauvage de circonstance fut souvent le Fribourgeois Jean-François Rime. Il est devenu le champion absolu du nombre de suffrages recueillis sans jamais être élu. Présent à tous les tours de scrutin lors de la double élection partielle de 2010 – en opposition à Simonetta Sommaruga et à Johann Schneider-Ammann – et du renouvellement général de 2011, il a récolté au total… 1004 voix!

Isabelle Moret et Ignazio Cassis seront dans la salle

Ce mercredi, deux des trois candidats officiels, Isabelle Moret et Ignazio Cassis, siègent dans la salle et ont le droit de voter. Le troisième, Pierre Maudet, qui n’est pas parlementaire, patiente dans une salle voisine, celle réservée au président de l’Assemblée fédérale. Il peut ainsi suivre le déroulement de la matinée en direct et peut très rapidement rejoindre l’hémicycle s’il est désigné.

Outre les trois aspirants officiels, onze autres dossiers ont été spontanément déposés. Ce n’est pas nouveau: il y a des candidatures sauvages à chaque vacance. Certains citoyens se sont d’ailleurs faits les spécialistes de ce petit jeu voué à l’échec. Leurs dossiers peuvent être consultés auprès du secrétaire général, mais jamais personne n’y jette le moindre regard.

Pourquoi un bulletin est-il annulé?

Le deuxième tour de scrutin obéit aux mêmes règles que le précédent. Mais un premier tri s’effectue, les votes de protestation diminuent. Dépouillement compris, chaque tour dure entre 15 et 20 minutes. Pour être élu, il faut atteindre la majorité absolue des votes valables, c’est-à-dire après déduction des bulletins blancs ou déclarés nuls. Qu’est-ce qui justifie l’annulation d’une fiche de vote? C’est le cas si le nom inscrit n’est pas identifiable avec certitude, s’il concerne une personne inéligible ou déjà membre du gouvernement, s’il comprend des remarques injurieuses ou des signes trahissant le secret du vote.

Ne participent au troisième tour que les prétendant(e) s qui ont obtenu plus de dix voix à la deuxième distribution de bulletins. A partir de là, le ou la plus mal classé(e) est éliminé à chaque tour. Concrètement, si Isabelle Moret, Ignazio Cassis et Pierre Maudet ont tous plus de dix supporters au terme du deuxième tour, un troisième est organisé. Si, au terme de celui-ci, aucun n’a obtenu la majorité absolue, celui ou celle qui arrive dernier (ère) sort de la course et la finale se joue entre les deux derniers rivaux au quatrième.

Sur la campagne du Genevois: Pierre Maudet, le frisson du sommet

Un cinquième tour est-il possible?

Peut-il y avoir un cinquième tour? Oui, si les deux derniers aspirants obtiennent le même nombre de voix au quatrième tour. Cela s’est déjà produit. En 1999, au troisième round dans ce cas, les conseillères d’Etat démocrates-chrétiennes Ruth Metzler (SG) et Rita Roos (SG) étaient à égalité (122) pour la succession d’Arnold Koller. Elles furent départagées lors d’une ronde supplémentaire, la première devançant alors la seconde de huit points.

Entre autres tâches de l’élu, le bain de foule

Une fois l’élection terminée, le nouveau membre du gouvernement monte à la tribune pour annoncer l’acceptation de son élection et prête serment. Il se rend ensuite au Salon du président pour rencontrer les autres conseillers fédéraux et poser pour la photo officielle. Puis il est à la disposition des médias électroniques, et prend, en fin de matinée, un bain de foule sur la place Fédérale. Celui-ci est suivi de la traditionnelle conférence de presse. La suite de la journée se résume généralement à un long marathon médiatique, entrecoupé de rencontres avec ceux qui sont venus le ou la soutenir, de réceptions et de verres. L’élu(e) se rend notamment au restaurant Zum Aeusseren Stand, où des délégations des trois cantons d’origine des candidats auront suivi le déroulement de l’élection sur grand écran.

Et vendredi, la répartition des départements: Conseil fédéral: un jeu de chaises musicales en trois temps

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