Le Conseil fédéral a concrétisé mercredi l'ensemble de mesures qu'il avait annoncées voici quinze jours pour renforcer la lutte contre l'ESB. Une unité de surveillance va être créée pour assurer l'application rigoureuse des procédures engagées, à tous les stades de la production, de l'étable à la table, pour garantir la sécurité alimentaire. L'administration fédérale prévoit l'engagement d'une vingtaine de personnes, vétérinaires, chimistes, juristes. Cette équipe aura un rôle d'examen, de contrôle et de soutien, auprès des autorités cantonales responsables. Elle sera notamment chargée de développer des tests pour l'analyse des aliments pour le bétail. Elle aura à renforcer et à uniformiser les contrôles pour les abattages et les tests de dépistage, l'élimination des organes à risques et des déchets, l'importation de viandes et de produits carnés et leur utilisation dans l'industrie alimentaire. Ces spécialistes seront recrutés dans les prochains mois, en principe pour une période de six ans, pour un coût annuel de 3,5 millions de francs.

Campagnes d'information et de recherches

Parallèlement, le Conseil fédéral a prévu une campagne d'information à l'intention du grand public rappelant les principales connaissances sur l'ESB. Il va également lancer une campagne de recherches, dotée d'un budget de 1,1 million, sur les maladies à prion et leurs voies de transmission. Il s'agit de développer un test de dépistage de la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l'être humain et d'augmenter la sécurité en ce qui concerne le sang, les produits sanguins et les vaccins.

Les mesures mises en place mercredi s'inscrivent dans une collaboration établie entre l'Office vétérinaire fédéral, l'Office fédéral de la santé publique et celui de l'agriculture. Le Conseil fédéral juge cet engagement plus utile à long terme que ne le serait une généralisation des tests de dépistage de l'ESB sur les animaux abattus. Il n'envisage par ailleurs pour l'instant des mesures de compensation directe pour les producteurs, quand bien même la consommation de bœuf a chuté de 10 à 15% et les prix à la production de 30%. Intervenir à ce stade contribuerait, affirme Manfred Bötsch, directeur de l'OFAG, à maintenir durablement les prix à leur plus bas niveau et à subventionner indirectement les intermédiaires et la distribution, qui en profiteraient pour augmenter les marges.