Les Verts l'apprennent à leurs dépens: le système politique suisse est tel qu'il faut faire preuve d'une stratégie infaillible si l'on veut le remettre en question. Faute d'y être parvenus, leur conquête du Conseil fédéral échoue de manière plus nette que prévue.

L'UDC avait pourtant montré la voie à suivre en 2003: elle s'était rangée dès le soir des élections fédérales derrière une seule et unique candidature de combat, en l'occurrence celle de Christoph Blocher. Les Verts ont tergiversé, attendant le deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats dans lequel Regula Rytz était engagée pour lancer leur campagne.

Parce qu'ils sont partis trop tard, et parce que, comme ce fut le cas avec l'UDC, on leur demande de confirmer leur progression électorale, ils ne pouvaient qu'échouer. Ils font ainsi l'expérience de la très puissante force d'inertie du système gouvernemental suisse.

Revivez  le suivi en continu de la matinée du 11 décembre

L'arithmétique a vécu

Il faut cependant souhaiter qu'il reste quelque chose de cette campagne et de cette non-élection. La formule arithmétique qui dicte la composition du gouvernement depuis 1959 a vécu. A l'époque, les partis gouvernementaux recouvraient près de 85% des suffrages au Conseil national. Ce pourcentage a chuté au-dessous de 69%.

Certes, il faut relativiser ces chiffres et intégrer les résultats du Conseil des Etats, qui permettent aux partis du centre droit, le PDC et le PLR, de remonter leur cote et leur quota. Néanmoins, la formule semble désuète. Il faudra la repenser, et intégrer dans les réflexions les départs anticipés (et largement tactiques) des membres du gouvernement, qui plombent la prise en compte des évolutions socio-politiques du pays.

Retrouvez tous nos articles sur les élections fédérales


En vidéo: une histoire de la formule magique