Pas question d'accélérer la cadence du rééquilibrage des finances fédérales. Le Conseil fédéral a décidé vendredi de s'opposer à la motion de la Commission financière du Conseil national, qui exige que le budget 2006 soit assaini à coups de corrections draconiennes dans le domaine des dépenses. Il préfère s'en tenir au rythme prévu par le mécanisme du frein à l'endettement. Celui-ci permet une réduction progressive du déficit et autorise un socle négatif de 844 millions l'an prochain. Le budget devra en revanche être équilibré en 2007.

Nouvelles coupes dans les dépenses agricoles

L'objectif réclamé par la motion paraît d'autant plus hors d'atteinte que l'estimation des recettes doit être revue à la baisse en raison du ralentissement de la croissance économique. Selon les projections présentées vendredi, le déficit pourrait atteindre 1,3 milliard en 2006, soit 456 millions de plus que ce qu'autorise le frein à l'endettement. Il faudra que l'administration économise ce montant d'ici au bouclement du budget en juin.

Pour atteindre ce résultat, un groupe de parlementaires radicaux adeptes de l'orthodoxie budgétaire propose de tailler dans les subventions aux primes d'assurance maladie, à la lutte contre le crime organisé, à l'environnement, à l'agriculture et aux relations extérieures. «Je leur conseille de commencer par approuver le programme d'allégement budgétaire qui sera soumis au Conseil des Etats la semaine prochaine et au Conseil national en juin. Je le répète: cette motion ne nous est pas utile et a un effet déstabilisant», réagit Hans-Rudolf Merz.

L'un des volets les plus controversés de ce programme d'économies touche l'un des domaines visés par ce groupe de députés: l'agriculture. La suppression du remboursement de l'impôt sur les carburants aux paysans (économie de 70 millions par an) est en effet contestée. Ce cas démontre la difficulté à couper dans les dépenses agricoles. Or, la motion nécessiterait un nouveau programme d'économies, à mettre sur pied d'ici à la fin de l'année. Hans-Rudolf Merz part du principe que ce n'est pas réalisable. Comme il l'avait déclaré au Temps (LT du 25.02.2005), il préfère miser sur un programme d'abandon de tâches et une réforme de l'administration.