Le Conseil fédéral soumettra en mars au Conseil national une proposition demandant la création d'un poste de porte-parole du gouvernement. Cette proposition fait suite à une initiative parlementaire allant dans le même sens, qui prévoit l'ajout d'un article 10 bis à la loi sur l'organisation du gouvernement et de l'administration (LOGA). Si le poste de porte-parole du Conseil fédéral est institutionnalisé, il est prévu de l'attribuer à l'actuel vice-chancelier de la Confédération, Achille Casanova. Ce dernier remplit déjà, dans les faits, une fonction analogue, à laquelle le gouvernement entend donner plus de légitimité. Nommé à un tel poste, l'intéressé conserverait le titre de vice-chancelier, si bien qu'il ne serait pas nécessaire de lui trouver un successeur. La fonction de porteparole du gouvernement est en France du ressort d'un ministre, en Allemagne, d'un secrétaire d'Etat.

«Il ne s'agit pas, pour le Conseil fédéral, d'avoir le monopole de l'information pour mieux la contrôler, mais de coordonner l'information entre les départements et de livrer une information centralisée lors de circonstances jugées exceptionnelles», explique le vice-chancelier pour dissiper les craintes que pourrait nourrir le parlement, lequel avait biffé de la future LOGA un article instituant une fonction semblable. Les circonstances auxquelles Achille Casanova fait allusion ont été dans un passé récent l'affaire Nyffenegger, le cas de la vache folle et la crise des fonds en déshérence.

Par ailleurs, la Chancellerie fédérale vient de mettre au concours pour son compte un poste de chargé de l'information. Sa tâche sera de concevoir des stratégies d'information sur le long terme, pour des dossiers intéressant plusieurs départements, telle l'adhésion de la Suisse à l'ONU.

Sur un même plan, le Conseil fédéral a adopté mercredi un crédit supplémentaire de 770 000 francs pour les années 1999 et 2000, s'ajoutant à 870 000 francs, afin de renforcer l'information au public en matière d'intégration européenne. Trois nouveaux postes seront attribués à cet effet au Bureau de l'intégration. Les crédits supplémentaires seront soumis à l'approbation du parlement.