Hans-Rudolf Merz veut supprimer 1000 postes dans l'administration fédérale, augmenter, cette année encore, l'impôt sur le tabac de 50 centimes et renchérir de 6 francs celui sur les spiritueux. Ces trois mesures constituent à n'en point douter le centre névralgique de sa stratégie d'assainissement des finances. Celle-ci comporte encore quelques zones d'ombre importantes. Ainsi, on ne connaît pour l'heure que l'ampleur des mesures d'économies qui viendront s'ajouter à celles décrétées l'an dernier: 1 milliard en 2006 et 1,5 milliard en 2007.

A plus court terme, le ministre des Finances souhaite alléger le budget 2005 de 600 millions. Il a fait des propositions aux départements. Le Conseil fédéral statuera lors de sa dernière réunion préestivale, le 30 juin. Pour que le budget 2005 soit conforme aux règles du frein à l'endettement, ces mêmes départements ont été invités à réduire leur appétit en prenant des mesures d'assainissement interne. Voici, dans les grandes lignes, les mesures arrêtées par le Conseil fédéral vendredi.

PERSONNEL

Hans-Rudolf Merz propose de supprimer, d'ici à 2008, 1000 des 34 000 postes que compte l'administration fédérale. Cette réduction d'effectif s'ajoute aux 800 emplois déjà sacrifiés dans le cadre du plan d'assainissement 2003 et aux 2500 que le Département de la défense a déjà prévu de biffer. Cette mesure devrait permettre d'économiser 80 à 120 millions par an. Le ministre des Finances négocie par ailleurs avec les organisations du personnel le remplacement de l'indexation au renchérissement par une prime de prestations unique. Cette mesure est contestée par le PS et le PDC.

TACHES DE L'ETAT

Il met en route un programme d'abandon des tâches (PAT). L'objectif est d'économiser 180 à 200 millions par an, somme dont les 80 à 120 millions liés à la baisse des effectifs font partie. Les départements doivent faire des propositions jusqu'au début de l'an prochain. Certains domaines seront épargnés: les services du parlement, les tribunaux fédéraux, le Contrôle fédéral des finances, l'Office fédéral de l'aviation civile et le réseau diplomatique ne sont pas concernés.

IMPOTS SUR LE TABAC

Le Conseil fédéral a obtenu l'an dernier la compétence de procéder à de nouvelles augmentations de l'impôt sur le tabac. Il en a fait usage en octobre, date à laquelle il l'a rehaussé de 30 ct., ce qui a fait passer le prix des paquets de cigarettes les plus courants de 4 fr. 90 à 5 fr. 20. Il avait par ailleurs l'intention de procéder à un relèvement de deux fois 20 centimes en 2004 et en 2005. Il a changé d'avis. Il propose maintenant d'augmenter l'impôt de 50 centimes cette année encore, ce qui drainera 80 millions supplémentaires dans les caisses de l'AVS et de l'AI. Le prix du paquet passera ainsi à 5 fr. 60 ou 5 fr. 70 selon les marques.

IMPOTS SUR L'ALCOOL

L'augmentation de 6 fr. de l'impôt sur les boissons distillées est bien à l'étude (LT du 07.06.2004). Le tarif passerait ainsi de 29 à 35 fr. par litre d'alcool pur, ce qui provoque déjà la mobilisation de la branche. Celle-ci a calculé que le prélèvement fiscal actuel était déjà élevé en comparaison internationale. Converti en monnaie européenne, il atteint 19 euros contre 14,50 en France, 13 en Allemagne, 10 en Autriche et 7,30 en Italie, TVA non comprise. Pour la branche, un relèvement de 6 fr. favoriserait à nouveau les achats de spiritueux à l'étranger. Hans-Rudolf Merz assure qu'il ne s'agit que d'une piste et qu'elle pourrait encore être remplacée par autre chose représentant un effort d'ampleur équivalente, soit 55 millions par an.

ECONOMIES.

Seul le volume est fixé. Pour le détail, il faudra repasser après l'été, car Hans-Rudolf Merz compte encore en parler avec les cantons en août. Les domaines qui seront concernés au premier chef sont «toujours les mêmes», lâche cependant Hans-Rudolf Merz, qui cite l'aide au développement, l'asile, l'agriculture, la défense, la santé et la formation. Il estime par ailleurs nécessaire de «réformer en profondeur» les assurances sociales, les hautes écoles, le trafic ferroviaire et la collaboration entre les cantons et la Confédération.