Présidence

Le Conseil national plébiscite Isabelle Moret

La Vaudoise a été élue à la Chambre du peuple sur un score canon: 193 voix sur 198 bulletins valables. Lors de son discours, elle a rappelé les nombreux combats qu’il reste à mener sur le chemin de l’égalité.

Isabelle Moret signe son grand retour sur le devant de la scène politique. La candidate malheureuse au Conseil fédéral en 2017 accède au perchoir du Conseil national sur le score remarquable de 193 voix. Accueillie en ce lundi 2 décembre par une haie d’honneur des 100 Suissesses et Suisses, Isabelle Moret a tenu un premier discours engagé, en totale résonance avec les résultats des dernières élections au Conseil national.

Lire aussi: «C’est un peu le cirque aujourd’hui»

Durant son mandat, la première Vaudoise à présider la Chambre basse veut mettre l’accent sur les questions de l’égalité, se réjouissant de diriger les débats du parlement le plus féminin de l’histoire. Isabelle Moret est une féministe de droite, ayant toujours refusé de faire de son genre un argument de campagne. Le 14 juin dernier, elle n’avait pas hésité à quitter le plénum pour aller saluer les grévistes sur la place Fédérale aux côtés de la conseillère fédérale Viola Amherd.

Lire également: La majorité de droite au Conseil national a vécu

Les nombreux combats de l’égalité

Durant cette législature, qu’elle a qualifiée de «charnière», elle a rappelé que l’on célébrera les 50 ans du suffrage féminin. Ce sera l’occasion de faire la liste des combats encore à mener: une véritable politique familiale pour favoriser la conciliation des vies politique, professionnelle et familiale, l’égalité salariale, l’équité fiscale et la réforme des retraites. Il faudra en effet prendre des mesures pour «combler le retard de 60% que les femmes accusent par rapport aux hommes concernant leurs rentes du 2e pilier».

De manière moins appuyée, Isabelle Moret a aussi cité l’enjeu de la transition climatique, soulignant que le parlement devra prendre des «mesures fortes» correspondant au désir des citoyens. Elle a enfin mentionné la nécessité d’agir au niveau de la prévention, que ce soit dans le domaine de la santé, de la promotion de la paix et des catastrophes naturelles.

Le score canon d’Isabelle Moret est un signe de reconnaissance envers non seulement les compétences de cette infatigable travailleuse de l’ombre, mais aussi envers son honnêteté. Avec deux ans de recul, ceux qui avaient thématisé sans vergogne – lors de sa candidature au Conseil fédéral – sa vie privée compliquée par un divorce en cours doivent aujourd’hui admettre qu’elle en avait parlé aux instances dirigeantes du parti, contrairement à un certain Pierre Maudet dont on ne découvrira les casseroles qu’un an plus tard.

Des résistances sur les Verts au pouvoir

Par ailleurs, les élections au bureau du Conseil national ont failli être marquées par un coup de théâtre. Irène Kälin (Les Verts/AG) n’a été élue qu’avec 112 voix à la deuxième vice-présidence. Il lui a manqué la quasi-totalité des voix de l’UDC et du PLR. Un avant-goût du mécontentement de la candidature de Regula Rytz au Conseil fédéral? Le PLR dément: «Nous ne nous livrons pas à ces jeux de pouvoir», assure Doris Fiala (PLR/ZH). Le président de l’UDC, Albert Rösti, confirme en revanche: «Donner une future présidence du Conseil national aux Verts, c’est aller un peu vite en besogne.» D’autres élus, de tous les bords, ont quant à eux fait remarquer qu’Irène Kälin ne s’était pas fait que des amis en proposant de supprimer l’abonnement CFF de première classe aux parlementaires!

Publicité