Le nombre d’avortements pratiqués après la 12e semaine de grossesse est faible en Suisse. Le Conseil national a largement enterré deux motions UDC qui voulaient les encadrer encore plus strictement. Chaque année, entre 400 et 500 avortements sont pratiqués après la 12e semaine de grossesse. Selon Yvette Estermann (UDC/LU), c’est déjà trop. Car ces avortements sont une grande épreuve pour les femmes enceintes, leurs partenaires et leur famille, et pour les professionnels impliqués.

D’après son texte, les médecins et pédiatres auraient dû informer de manière extensive les parents, pour qu’ils puissent prendre la bonne décision, notamment sur les possibilités de vivre avec une malformation ou les traitements et opérations post-naissance existants. Les pathologistes pédiatriques auraient aussi été tenus de confirmer ou d’infirmer après tout avortement et toute naissance d’enfant vivant ou mort-né tous les handicaps diagnostiqués in utero.

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Déjà deux initiatives

Le taux d’avortement en Suisse est globalement faible, a rappelé le ministre de la santé Alain Berset. Sur un total de 10’457 avortements en 2018, seuls 528 (soit 5%) ont été pratiqués après la 12e semaine de grossesse. Ces avortements sont strictement encadrés. Les informations des médecins sur des alternatives et sur les risques encourus sont déjà obligatoires.

Au vote, la motion a été rejetée par 132 voix contre 36 et 13 abstentions. La chambre du peuple a enterré dans la foulée sur un score similaire une autre motion UDC sur le sujet. Le Bernois Erich von Siebenthal demandait au Conseil fédéral d’améliorer les conseils donnés aux femmes enceintes qui ont des difficultés de santé et qui envisagent un avortement. L’offre est déjà suffisante et il n’y a pas nécessité d’agir dans ce domaine, a répété le conseiller fédéral Alain Berset.

Le parti national-conservateur semble vouloir remettre la question de l’avortement au centre du débat public. En décembre, les deux conseillères nationales Andrea Geissbühler (UDC/BE) et Yvette Estermann (UDC/LU) ont annoncé le lancement de deux initiatives populaires sur le sujet. La première veut introduire un délai de réflexion d’un jour avant toute interruption de grossesse. La seconde s’oppose à la pratique «choquante» des avortements tardifs. Elle veut accorder aux bébés à naître un droit absolu à la vie dès le moment où ils pourraient survivre et respirer en dehors du ventre de leur mère, de manière analogue aux prématurés. Selon les initiantes, une centaine de bébés pourraient ainsi survivre chaque année.

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