Les conseillers du camp bourgeois n’ont donc pas voulu entendre les mises en garde de la gauche et de la ministre de la justice.

L’acquis de Schengen, par ailleurs approuvé par le peuple suisse, n’est pas un droit facultatif mais bien contraignant, a rappelé en vain Eveline Widmer-Schlumpf. Jo Lang (Verts/ZG) n’a pas connu plus de succès en agitant l’épouvantail de l’initiative populaire, actuellement pendante, «pour la protection face à la violence des armes». «Toutes les victoires de la droite (ce jeudi) constituent des arguments supplémentaires pour notre initiative», a dit M.Lang.

Rien n’y fit. Quasi sans même prendre la peine de venir argumenter à la tribune, contrairement à la gauche et à la conseillère fédérale, le camp bourgeois a voté comme un seul homme, à l’exception du Parti bourgeois démocrate (PBD). Les trois scores avoisisnaient les deux contre un.

Armes non marquées

Le confort et la liberté des propriétaires d’arme ou des tireurs ainsi que la lutte contre la bureaucratie expliquent la position de la majorité, a résumé au nom de la commission préparatoire Sylvie Perrinjaquet (PLR/NE). Ainsi le National n’a pas voulu que les armes et munitions non marquées après fin juillet 2010 puissent être confisquées à l’intérieur du territoire.

Une telle mesure ne serait possible qu’à la frontière, lors du transit ou de la fabrication en Suisse. «Je ne comprends pas cette majorité qui tient à une politique sécuritaire et qui s’oppose à une telle mesure permettant le traçage des armes», s’est étonné Eric Voruz (PS/VD).

Armes réparées

Autre refus par le National du développement de l’acquis de Schengen, celui de l’obligation d’inventorier des armes réparées. Une simple réparation ne constitue pas une véritable transformation, a constaté Mme Perrinjaquet.

Afin de marquer cette différence et de limiter la procédure administrative, le National n’a pas intégré la réparation dans la liste des actes obligeant le titulaire d’une patente de commerce à inventorier l’objet.

Prêts aussi pour les adultes

La Chambre du peuple a maintenu une troisième divergence avec le Conseil des Etats. Elle autorise les adultes à bénéficier de l’exception accordée aux jeunes tireurs leur permettant de se voir prêter une arme pour exercer leur sport. Il n’y a pas de raison d’avoir deux régimes différents, ont fait valoir le PLR et l’UDC.

L’exception a été introduite pour permettre aux jeunes tireurs, qui n’ont pas l’âge pour disposer d’un permis, de pratiquer leurs sport en bénéficiant d’une arme prêtée. La question du prêt ne se pose pas pour les adultes, puisque ceux-ci disposent au contraire du permis, a déclaré en vain Eveline Widmer-Schlumpf.

L’objet retourne une dernière fois au Conseil des Etats.