La taxe de 30 francs par consultation n’a pas franchi le cap du Conseil national. La gauche, le PDC et l’UDC se sont alliés mercredi pour rejeter cette proposition faite par Pascal Couchepin pour éviter que les assurés ne se rendent trop souvent chez le médecin.

Dès son annonce, le «ticket modérateur» a eu du plomb dans l’aile. Le patient aurait dû payer cette taxe lors de chaque visite chez un médecin ou dans un service hospitalier ambulatoire (sauf certaines exceptions). La facture aurait toutefois été limitée à 180 francs par an.

Par 122 voix contre 50, le National s’est rallié au concept alternatif concocté par sa commission. Les patients devraient prendre 20% de la facture à leur charge s’ils se rendent directement chez un spécialiste.

La part à payer de sa propre poche resterait de 10% pour les rendez-vous chez le médecin de famille ainsi que pour certains traitements préventifs. La gauche a tenté en vain d’ajouter les consultations chez les psychiatres et les psychothérapeutes à la liste. PLR derrière Pascal Couchepin

Le PLR a quant à lui jugé le modèle proposé trop compliqué et trop bureaucratique. Il a lancé en lieu et place une taxe de consultation revue et corrigée. S’élevant à 50 francs, elle aurait été perçue pour chaque traitement ambulatoire dispensé par un service d’urgence ou un hôpital et non prescrit par un médecin.

Elle aurait aussi été prélevée en cas d’accident. Le patient n’aurait toutefois pas dû payer plus de 300 francs par an. La proposition a été rejetée par 130 voix contre 46.

Le ministre de la santé Pascal Couchepin a quant à lui affirmé que le modèle retenu, «moins efficace et moins social», devrait coûter plus cher aux assurés que son «ticket modérateur». Certains patients qui consultent trois fois par an un spécialiste risquent fort de devoir en plus se rendre trois fois chez un généraliste auparavant.