En se faisant élire ce jeudi au Conseil de sécurité des Nations unies, la Suisse va-t-elle au-devant d’une mission diplomatique impossible? Le débat divise une partie de la Suisse qui craint pour une altération marquée de sa politique de neutralité. Ancien ambassadeur de France auprès de l’ONU à New York de 2009 à 2014, Gérard Araud a siégé au Conseil de sécurité en tant que représentant d’un des cinq membres permanents. Il connaît l’institution de l’intérieur. Contacté par Le Temps, ce diplomate haut en couleur est catégorique: «En accédant au Conseil de sécurité, la Suisse rejoint de fait le camp occidental. Car il faut le savoir: le Conseil est tellement idéologisé et divisé qu’il faut constamment prendre position. On est dans un camp ou un autre. Les diplomates s’y affrontent constamment. Vu la situation actuelle, il faut s’attendre à des débats musclés sur l’Ukraine, sur la Russie.»