C’est l’un des conseillers d’Etat, les plus en vue en Suisse alémanique. Connu pour son franc-parler et son indépendance d’esprit, Mario Fehr claque la porte du Parti socialiste. Elu au gouvernement en 2011, il avait été auparavant conseiller national durant douze ans. Sous la coupole fédérale, ses prises de position sur l’asile et la sécurité n’étaient déjà pas très appréciées par la majorité de ses «camarades».

Tensions depuis des années

Les relations entre le chef du Département de la sécurité et la section zurichoise du PS se sont encore dégradées ces derniers mois. Pourquoi? Son parti refusait qu’il soit à nouveau candidat lors des prochaines élections au Conseil d’Etat en 2023. Ces divergences ne sont pas nouvelles: en 2019, Mario Fehr avait obtenu, de justesse, le soutien des siens pour pouvoir se représenter. Par contre devant le peuple, ce membre de l’aile sociale-libérale avait réalisé le meilleur score de tous les élus. Preuve de sa grande popularité.

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Mario Fehr a eu des mots très durs au moment d’annoncer, ce vendredi, sa démission du PS, dont il était membre depuis trente-neuf ans: «Je déplore l’intolérance croissante à l’égard des opinions dissidentes au sein du parti. Cette intolérance s’est manifestée sous la forme de critiques, d’insultes, de plaintes et de poursuites pénales.» Selon le conseiller d’Etat, il n’y a probablement aucun autre parti qui critique un de ses ministres de cette manière pendant des années. En 2015, les Jeunes socialistes avaient d’ailleurs déposé une plainte pénale contre lui, pour protester contre l’achat par la police cantonale d’un logiciel espion controversé. De son côté, le PS zurichois a déclaré: «Une démission fait toujours mal, même si elle est le résultat de différences inconciliables.»

Candidat en 2023?

Quel est l’avenir politique de Mario Fehr? Il a affirmé qu’il ne souhaitait pas rejoindre un autre parti, ni en créer un nouveau. Par contre, il n’a pas encore décidé s’il se représenterait, en tant qu’indépendant, lors des élections de 2023. Cette crise n’est pas la première qui touche les socialistes zurichois. En 2019, l’ancienne conseillère nationale Chantal Galladé, très médiatisée en Suisse alémanique, avait quitté le PS pour rejoindre les vert’libéraux.

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