Au volant de son tracteur, il s’était engagé sur une route cantonale sans accorder la priorité au véhicule qui s’approchait et qu’il a heurté. Le conducteur, un père de famille de 48 ans qui ne portait pas de ceinture de sécurité, est décédé des suites de ses blessures.

Faute «moyenne»

Le tribunal considère la faute commise comme «moyenne». Selon lui, le condamné a «violé son devoir de prudence» en omettant de s’assurer d’avoir une visibilité complète avant de s’engager sur la route principale. La peine, assortie d’une amende de 1000 francs, est légèrement inférieure aux 50 jours-amende qu’avait requis le Ministère public.

A charge de l’ancien syndic de Pomy, les juges ont retenu le fait qu’il connaissait «particulièrement bien les lieux et leur dangerosité». A décharge, ils ont retenu son «bon comportement» durant toute la procédure, ses «regrets sincères» et le fait qu’il s’est arrêté immédiatement après l’accident pour tenter de porter secours à la victime.

Tragique accident

Le 28 juillet 2012, vers 9h25, le condamné a circulé au volant de son tracteur sur une route secondaire, en direction de Pomy. Lorsqu’il est arrivé à l’intersection formée par cette route avec la route principale Yverdon-les-Bains/Thierrens, il a engagé son tracteur sur la route et a heurté une voiture qui arrivait sur la gauche.

A la suite du choc, la voiture a été déséquilibrée, est partie en dérapage, a heurté la banquette herbeuse et effectué deux tonneaux et demi. Le conducteur a été éjecté de l’habitacle et est retombé dix mètres plus loin sur la chaussée. Grièvement blessé, il est décédé sur les lieux.

Questions sans réponses

A l’audience, Jean-Pierre Grin a déclaré qu’il a regardé à deux reprises sur la gauche, sans voir la voiture, qu’il n’a aperçue «qu’une fraction de seconde avant le choc». Il «n’arrive pas à comprendre» comment il a pu ne pas voir le véhicule, et «se pose la question depuis 20 mois».

Selon lui, la seule explication possible est que le véhicule ait été caché par le rétroviseur de son tracteur, le carrefour en «x aplati» formant un «angle mort naturel». Le jour du drame, il n’était selon l’enquête ni alcoolisé, ni fatigué, ni stressé.

Déjà frappé par la mort de son fils de 6 ans il y a une vingtaine d’années, Jean-Pierre Grin a assuré qu’il «partage la peine» des proches de la victime. Le carrefour, dont la visibilité est pourtant correcte, a connu 11 accidents entre 2006 et 2012. Une procédure est en cours pour le transformer en un croisement à angle droit. La commune a tenté sans succès de faire installer un giratoire sur les lieux.