Les informations filtrent au compte-gouttes, sécurité oblige. Mais les conseillers fédéraux sont eux aussi les victimes de courriers menaçants ou indésirables.

Difficile, pourtant, de les dénombrer, assure-t-on dans les secrétariats généraux. Les plus préoccupants sont automatiquement transmis aux services fédéraux de sécurité. Au département de Moritz Leuenberger, on ne se souvient pas d'avoir dernièrement renforcé la sécurité du ministre suite à des menaces.

Dans plusieurs états-majors, on raconte qu'on est habitué aux «éternels mécontents» et aux «personnes pas très saines d'esprit» dont les envois ne sont même plus transmis à la police fédérale. On rappelle aussi que la fréquence des menaces varie selon la personnalité de chaque ministre et encore selon l'actualité.

Impossible cependant d'obtenir quoi que ce soit des services de Christoph Blocher pour les questionner par exemple sur la période qui a entouré le vote sur l'asile et les étrangers. Un thème ultra-sensible.

Chez Samuel Schmid, ses porte-parole se souviennent que le ministre avait essuyé des menaces et des actes de vandalisme après la votation sur l'engagement de l'armée à l'étranger, en 2001.

Quant à Doris Leuthard, elle est actuellement sous le feu des critiques de certains fondamentalistes pour ses positions volontaristes en matière de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.