La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) indique n’avoir connaissance «d’aucun indice sur d’éventuelles menaces terroristes» à l’encontre de la Suisse. Elle explique tout faire pour «que la situation ne se dégrade pas» à la suite de ce vote.

Dans les colonnes du «Matin Dimanche» notamment, la conseillère fédérale déclare avoir recensé «des attaques verbales, quelques appels isolés au boycott et ponctuellement des petites manifestations» à l’étranger. Selon elle, «la situation est restée calme». Expliquer le vote

Pour éviter une dégradation, les diplomates suisses ont expliqué le résultat du vote «aux gouvernements et aux médias des pays musulmans», rappelle la conseillère fédérale. Mais Mme Calmy-Rey prévient: «il ne s’agit pas d’excuser cette décision populaire: je n’ai jamais présenté d’excuses à ce propos».

Estimant que l’issue du scrutin est liée à «la grande anxiété qui règne dans notre population», la ministre des affaires étrangère critique le «débat nauséabond» ayant précédé la votation. Mme Calmy- Rey déplore aussi que «des provocateurs chez nous» demandent dorénavant l’interdiction de la burqa ce qui pourrait «à nouveau susciter une aggravation de la tension». Immigration en cause

Interrogé dans la «NZZ am Sonntag», le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz estime que la question de l’immigration a certainement joué un rôle. On peut imaginer qu’à moment donné la capacité d’absorption du peuple atteigne des limites.

Par rapport à cet aspect, deux scénarios sont possibles dans le pays, selon M. Merz: soit le peuple suisse arrive à dépasser certaines limites et cela pourrait déboucher sur un nouvel amalgame culturel comme aux Etats-Unis ou en Australie.

Ou alors les migrants doivent s’adapter. «Manifestement, une partie de la population étrangère en Suisse n’est malheureusement pas prête à le faire», dit Hans-Rudolf Merz. Malaise

«Je crois que la votation avait peu à faire avec la religion, mais plutôt avec un malaise vis-à-vis de l’immigration», dit pour sa part la future présidente de la Confédération Doris Leuthard au «SonntagsBlick». La charia, l’excision et les droits des femmes ont aussi constitué un thème du débat.

A la question de savoir si la décision du peuple était aussi un signal contre les délinquants violents, les criminels, les chauffards et les machos qui ont des origines étrangères, la ministre de l’économie répond: «C’est possible, mais cela n’explique pas tout». Et de rappeler que des Suisses aussi manquent de respect et n’observent pas le droit. Le ministre de la communication, Moritz Leuenberger se préoccupe surtout de la question de la formation de l’opinion et des sondages dans le cadre des votations. Ce qui le dérange, c’est que les sondages téléphoniques soient encore effectués via le réseau fixe alors que de nombreuses personnes n’ont plus qu’un téléphone portable, explique-t-il dans «Sonntag».

Dans la campagne sur les minarets, toute la culture de la communication des jeunes via téléphone portable, blog ou Facebook a joué un rôle central. Toutes les haines ont pu être ainsi communiquées comme nulle part ailleurs. Les sondages n’ont pas saisi cette nouvelle culture de manière professionnelle, critique Moritz Leuenberger.

Le ministre fustige également le monopole dont jouit Claude Longchamp et son institut de sondage gfs.bern auprès de la télévision publique