Contrairement à une idée préconçue – notamment véhiculée par certains membres de la commission du Conseil national qui vient de rendre son «prérapport» à Joseph Deiss – un diplomate ne devient pas automatiquement ambassadeur après une vingtaine d'années de carrière.

Un diplomate incompétent ou dont les fréquentations sont jugées nuisibles à sa carrière ou au Département fédéral des affaires étrangères peut très bien ne jamais atteindre le sommet de la pyramide. Deux femmes diplomates ont par exemple été licenciées dans les années 90 déjà, l'une d'entre elles pour avoir harcelé un de ses collègues et perdu toute crédibilité sur le plan de son travail. «Nous sommes soumis à des évaluations – qui sont d'ailleurs devenues plus strictes avec la nouvelle loi sur le personnel – tout au long de notre carrière et, depuis quelques années, les diplomates doivent passer une sorte d'examen pour accéder au rang d'ambassadeur. Il porte davantage sur les capacités du candidat à diriger une équipe que sur ses capacités intellectuelles», explique un diplomate en poste à Berne. «Certains diplomates peuvent ainsi très bien finir leur carrière sans jamais avoir été ambassadeur: il est absolument faux de penser qu'il n'y a aucune sélection!»

Les chefs de mission ont d'ailleurs aussi pour tâche d'établir périodiquement des rapports sur leurs subalternes. Et il est arrivé que certains demandent le rapatriement à Berne de leur conseiller ou stagiaire, les jugeant peu capables de s'intégrer correctement dans une équipe d'ambassade.