Histoire

Constantin contre «Le Nouvelliste», un boycott gagnant-gagnant

Le boycott imposé depuis fin juillet par le président du FC Sion au quotidien valaisan ne pénalise en rien les lecteurs. Le journal a même profité de cette mesure pour améliorer sa couverture du club phare du canton

Deux pages dans l’édition de samedi et deux dans celle de lundi pour évoquer le seizième de finale de la Coupe de Suisse contre Lausanne et l’éviction de l’entraîneur Maurizio Jacobacci, une page mardi et une demie ce mercredi pour aborder l’arrivée de Murat Yakin sur le banc sédunois. Le traitement réservé par le Nouvelliste au FC Sion peut laisser penser que le boycott imposé fin juillet par Christian Constantin au quotidien valaisan est de l’histoire ancienne. Il n’en est pourtant rien.

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Deux mois après que le président du club a refusé d’accréditer les journalistes du quotidien pour la saison en cours et interdit à tous ses employés de communiquer avec eux, la situation n’a pas évolué. Les journalistes du Nouvelliste sont toujours personæ non gratæ au sein du club sédunois. Pourtant, les relations entre l’homme fort de Tourbillon et le journal n’intéressent plus personne. Peut-être parce qu’au final rien, ou presque, n’a changé.

Une place plus conséquente qu’avant

Le club phare du canton a toujours une place de choix dans le Nouvelliste. La vitrine est même plus conséquente qu’avant le boycott. Si le FC Sion n’a, et de loin, pas disparu des colonnes du quotidien, son président est, lui, aux abonnés absents. Le lecteur attentif aura remarqué que, depuis plus de soixante jours, le journal n’a publié ni photo ni citation de Christian Constantin. Preuve qu’il y a toujours de l’eau dans le gaz.

Mais cela n’empêche pas les journalistes de faire leur travail. Ils n’ont, certes, plus accès aux joueurs ou au staff pour réaliser des interviews et doivent payer leurs entrées (ou se faire inviter par des sponsors du club) lors des rencontres à domicile, mais tout cela semble bénéfique. Le boycott a forcé le journal à revoir sa couverture du club. Analyse du match par un journaliste, notation des joueurs par un entraîneur de ligue inférieure ou encore billet humoristique, autant d’éléments nouveaux qui permettent au Nouvelliste d’informer ses lecteurs et de le faire mieux qu’avant. Et si, finalement, les lecteurs étaient les grands gagnants de ce boycott?

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