A prendre ou à laisser. Dans quatre ans, les Genevois décideront s'ils acceptent ou s'ils jettent aux orties la nouvelle Constitution du canton. C'est avec cette épée de Damoclès que les 80 membres de l'assemblée élus dimanche dernier devront travailler. Leur premier défi consistera à se mettre d'accord sur l'organisation du conclave. Seules données fixées: le budget de 3,5 millions et le salaire, de 110 francs de l'heure par personne.

Dès le 20 novembre, jour de la séance inaugurale de la Constituante, ce sera aux élus de définir les thèmes de réflexion, la fréquence des séances et la répartition du travail en commission. Ils devront aussi dire où siégera l'assemblée et élire un ou une président(e). La tâche ne sera pas aisée: entre les allergiques à la salle du Grand Conseil qui rêvent d'un conclave itinérant et les partisans de la solennité de l'Hôtel de Ville, la discussion sera animée. Tout comme il faudra trancher entre ceux qui militent pour la présidence du libéral Jacques-Simon Eggly, le mieux élu, et les constituants qui aimeraient voir une femme jeune aux commandes.

Eviter le vase clos

La capacité des élus à s'entendre sur ces questions logistiques fera figure de test pour la suite. Avec 39 sièges à droite, 37 à gauche et 4 aux mains du MCG «ni de droite ni de gauche», le conclave n'est pas à l'abri des luttes bloc contre bloc, à l'image du Grand Conseil. Pour éviter le travail en vase clos dans l'indifférence générale - puisque seulement 32,9% des Genevois ont élu la Constituante - et pour s'épargner un échec devant le peuple en 2012, certains élus préconisent une consultation régulière de la population.

Alors que tout reste à faire, Le Temps a demandé à quatre constituants de tous horizons comment ils abordent leur mandat.