Le PLR s’est toujours rangé derrière le Conseil fédéral pour défendre l’idée d’une application conséquente de l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse, acceptée le 9 février 2014 en votation, mais préservant les accords bilatéraux avec l’UE. Dans la Sonntagszeitung, son président Philipp Müller s’en distancie cependant et présente son propre plan.

Dans un premier temps, l’Argovien propose de défier l’Union européenne et de la menacer de dénoncer l’accord sur la libre circulation des personnes si elle n’accepte pas que la Suisse applique des contingents. Dans l’hypothèse où l’UE fait la sourde oreille, ce qui est fort probable, alors les citoyens voteront et devront choisir entre une application stricte de l’initiative qui met fin aux accords bilatéraux et une solution compatible avec les accords bilatéraux tout en étant très sévère contre les abus dans le système social et vis-à-vis des pays tiers.

On retrouve là le Philipp Müller qui ne voulait pas plus de 18% d’étrangers en Suisse, initiative rejetée en 2000. Dans son catalogue de mesures: contrat d’intégration obligatoire, regroupement familial en fonction de la capacité financière, retrait d’un permis de séjour en cas de dépendance à l’aide sociale, pas d’aide sociale pendant les 3 à 5 premières années en Suisse, procédures d’asile encore accélérée, etc.

La proposition du président du PLR ne tombe pas de nulle part. Elle colle au calendrier politique puisque c’est jeudi que s’achève la consultation sur le projet du Conseil fédéral pour appliquer l’initiative contre l’immigration de masse. Ces prochains jours, les prises de position vont pleuvoir.

La NZZ am Sonntag a pris la température. Elle relève aussi le scepticisme du PLR. Surtout, elle note qu’autant les euroturbos que les initiants rejettent le projet du Conseil fédéral. Même le PBD de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf s’y oppose.

La position des cantons est très attendue. La NZZ am Sonntag met en exergue les dernières statistiques. L’an dernier, le solde migratoire était positif de 79 000 personnes. Il était de 23 000 personnes au premier trimestre 2015. Mais avec de grandes différences d’un canton à l’autre selon le dynamisme de leur économie ou leur situation frontalière. L’application de l’initiative doit-elle en tenir compte et si oui comment? Genève et Zurich notamment jouent déjà des coudes pour avoir toujours accès à la main d’œuvre étrangère dont leurs entreprises ont besoin. Et la Conférence des gouvernements cantonaux (CDC) plaide pour que la question des frontaliers se règle au niveau cantonal.

H +, l’association des hôpitaux, émet également les pires craintes dans la Zentralschweiz am Sonntag. Pour les établissements médicaux, le potentiel de recrutement en Suisse est largement insuffisant pour répondre à leurs besoins. Et de prévenir que si le Conseil fédéral ne se montre pas plus flexible dans l’application de l’initiative du 9 février, certaines opérations ne pourraient plus être faites.

L’ombre de Christa Markwalder

On le voit, la presse dominicale semble s’être lassée de l’affaire Christa Markwalder. Le Matin Dimanche explique les enjeux du rendez-vous au 1er juin, date de la réunion de la commission de politique extérieure et du Bureau national. Ses membres statueront sur le cas de la conseillère nationale PLR qui aurait violé le secret de commission en transmettant des documents.

Schweiz am Sonntag poursuit de son côté l’enquête sur la présence des lobbys au parlement fédéral. Le dominical s’est intéressé aux liens d’intérêt des sénateurs membres de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique. Neuf des treize membres de la commission qui traite en ce moment de la «Réforme prévoyance vieillesse 2020» ont par ailleurs quinze mandats auprès de sociétés concernées par les thèmes qu’ils traitent (assureurs, hôpitaux, caisses de pension), pour un montant de 850 000 francs.

Le curieux palmarès des présidents

A cinq mois des élections fédérales, Sonntagsblick a demandé à trois politologues de noter les présidents de partis. Curieux palmarès, qui place Martin Landolt (PBD) en tête, devant Christian Levrat (PS), Toni Brunner (UDC), Martin Bäumle (Verts libéraux), Regula Rytz et Adèle Thorens (les Verts), Philipp Müller (PLR) et Christophe Darbellay (PDC), qualifié de «grenadier de la politique suisse».