Immigration

Les contingents de travailleurs extra-européens revus à la hausse

La demande des grands cantons n’est pas restée lettre morte, le Conseil fédéral accepte d’augmenter le nombre d’autorisations pour l’année 2018

Genève, Zurich et Bâle peuvent souffler, le Conseil fédéral a décidé vendredi de desserrer le frein aux contingents de travailleurs en provenance de pays hors de l’Union européenne: 500 permis supplémentaires seront délivrés l’an prochain, soit 8000 au lieu de 7500 pour l’année en cours. Ces nouveaux sésames seront versés à la réserve fédérale. La Conférence des chefs des départements cantonaux de l’économie publique (CDEP) salue un «pas dans la bonne direction», qui «tient compte des besoins de l’économie et permet aux entreprises et aux autorités de planifier en toute sécurité».

Lire aussi: Ces immigrés qui manquent à la Suisse

«Signal positif»

Genève, Zurich et Bâle-Ville se montrent satisfaits de ce «signal positif» de Berne. «Le canton de Genève contribue pour 7,5% dans le PIB national. Le Conseil fédéral a entendu nos revendications et prend ses responsabilités afin de nous permettre de continuer à contribuer à la prospérité du pays», réagit Pierre Maudet via communiqué vendredi. «L’avenir dira si cette légère hausse permettra de répondre aux besoins élevés de main-d’œuvre qualifiée en provenance d’État tiers», souligne de son côté son homologue zurichoise Carmen Walker Späh.

Fin 2014, le Conseil fédéral s’était attiré une volée de critiques après sa décision de réduire les contingents de ressortissants des Etats tiers de 8500 à 6500, en réaction à l’adoption de l’initiative UDC contre «l’immigration de masse» du 9 février 2014. Le gouvernement entendait ainsi «inciter les entreprises suisses à mieux mettre à profit le potentiel offert par la main-d’œuvre indigène», comme le réclame le texte de l’initiative.

Vœux partiellement exaucés

Fin août, les trois ministres cantonaux de l’économie de Genève, Zurich et Bâle-Ville s’étaient réunis pour réclamer une hausse du nombre de permis accordés aux travailleurs en provenance de pays non-membres de l’Union européenne (UE) et de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Leurs vœux ne sont toutefois que partiellement exaucés: Les trois canton-villes avaient espéré un retour au niveau de 2014 (8500 permis). Ils avaient également réclamé une simplification de l’accès aux contingents fédéraux.

Chaque canton reçoit un certain nombre de permis L et de permis B pour les ressortissants d’Etats tiers. Les profils recherchés sont très spécialisés, surtout dans les domaines de l’informatique, la finance, les sciences, ou encore dans les hautes écoles. Si ces quotas sont épuisés, les autorités doivent se tourner vers le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) pour solliciter de nouvelles autorisations, tirées de la réserve fédérale.

Publicité