La DDC n'a pas tenu compte des résultats d'une expertise qu'elle a commandée

Sur ces mystérieux 774 millions, 21 sont en train d'être restitués à l'Angola sous forme de projets de développement, dans le cadre d'un accord signé le 1er novembre 2005 entre Luanda et Berne. Ce qui fait dire à un proche observateur du dossier que le cas angolais est très spécifique: «Ceux qui sont toujours en cause dans la procédure en cours sont ceux à qui on va restituer de l'argent.»

L'Angola a notamment conclu un contrat avec RUAG, une entreprise suisse d'armement, pour l'achat de matériel de déminage. Selon les informations de la Déclaration de Berne et Action Place Financière Suisse, il existe deux contrats entre RUAG et le gouvernement angolais, tous deux signés à la même date, avant le 1er novembre 2005. Ils couvraient plus ou moins le même matériel, des machines de déminage ainsi que du matériel de guerre, mais à des prix différents. Une expertise mandatée par la Direction du développement et de la coopération (DDC) avait d'ailleurs recommandé de n'accepter aucun de ces deux contrats, mais la DDC a décidé de ne pas en tenir compte.

Ces ONG estiment aussi que RUAG, dont la Confédération détient 100% des parts, encaissera une commission totalement injustifiée sur cette transaction, car elle ne produit pas elle-même de matériel de déminage, mais devra l'acheter à l'entreprise MineWolf.

«Nous demandons à la DDC de revenir sur sa décision d'accepter le contrat entre l'Angola et RUAG et de lancer un nouvel appel d'offres public - comme pour le projet de formation professionnelle agricole également financé par les fonds restitués. Et d'impliquer la société civile angolaise dans le développement de projets de déminage humanitaire», ajoute Anne-Kathrin Glatz, de la DB.

Le DFAE, respectivement la DDC, ne fait aucun commentaire à ce sujet. «Le contrat est une affaire entre l'Angola et RUAG. C'est à eux qu'il appartient de le commenter, le cas échéant», affirme son porte-parole.