Humour

Le Contrôle fédéral des finances fait du grand art comique

Une Commission suisse d'espionnage qui aurait acquis et mis à l'abri des oeuvres d'art évaluées à 17,5 milliards? C'est une haute instance de surveillance de la Confédération qui le révèle. A une date bien choisie, le 1er avril

Ce n'est pas parce qu'on est l'organe suprême de surveillance financière de la Confédération, qu'on sème la terreur dans l'administration en menant des audits, des évaluations et des rapports de contrôle qu'on ne peut pas se lâcher quand le calendrier le permet. C'est ce qu'a dû se dire le Contrôle fédéral des finances (CdF) qui en aura surpris plus d'un, jeudi matin, en envoyant sous embargo au 1er avril à 6h les résultats de sa dernière enquête. Elle concerne la collection d'art de la Confédération. Jusque-là tout va bien puisqu'elle existe réellement et qu'il est même officiellement question de la mettre en valeur.

Destiné à titiller la curiosité des journalistes, le scénario du CdF fait apparaître une affaire d'une toute autre ampleur. Cette collection vaudrait aujourd'hui 17,5 milliards. Elle aurait été acquise au fil des ans par une étrange Commission suisse d'espionnage qui a eu fin nez puisqu'elle est parvenue à vaincre les réticences de l'Office fédéral des arts et de la culture (OFAC), à la politique beaucoup plus conservatrice, pour miser sur le marché de l'art contemporain.

C'est ainsi qu'on trouve par exemple dans les entrepôts fédéraux, à savoir l'ancienne Centrale atomique de Lucens,  un «Naked Gotthardo», de Jeff Koons. L’œuvre fait 18 mètres de haut et est attachée à un pilier de béton par un simple cadenas.  

Une fois n'est pas coutume, le Contrôle fédéral des finances félicite la Confédération. Mais comme on ne se refait pas, il recommande aussi une gestion plus transparente des biens acquis. 

A la diffusion du communiqué, de nombreux journalistes ont réagi. Certains pour demander le rapport complet, d'autres pour vérifier s'il s'agissait d'un «poisson d'avril». Tous ont été rapidement mis au parfum. Le gag du CdF a été approuvé par sa direction et les différents départements concernés ont été informés au préalable, nous dit-on. Le dossier devrait être clos. Mais le directeur du CdF, Michel Huissoud, s'attend à être interrogé sur la pertinence d'une telle opération et son coût. Zéro franc pour le contribuable, assure-t-il. Conception et traductions ont été faits sur le temps libre des collaborateurs.

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