C’est désormais bien plus visible que par le tweet d’un président de parti minoritaire. Depuis lundi soir, le visuel controversé fustigeant l’initiative de mise en œuvre sur le renvoi des criminels étrangers est arboré à la gare centrale de Zurich. Elle est aussi visible à Genève.

L’affiche fondant la croix helvétique dans la croix gammée est insérée dans un panneau publicitaire lumineux et tournant. De quoi être remarquée, pendant dix secondes toutes les trois minutes, par les 437 000 personnes qui transitent par le hall de la gare.

L’effort de «donateurs privés»

Le site d’actualité de la publicité persoenlich.com affirme qu’une telle opération coûte 3585 francs, sans préciser la durée d’exposition. L’article cite le publicitaire Sheik Fareed, à l’origine du visuel, lequel assure que l’opération est financée «par des donateurs privés», sans autre détail.

Les CFF n’ont pas de commentaire à émettre: il s’agit de publicité politique, ils sont tenus de l’accepter. Une jurisprudence à propos de la publicité politique, datant de 2012, assimile les gares aux espaces publics; le transporteur estime n’avoir aucun motif de mettre en cause cette affiche-là plutôt qu’une autre. Dans l'après-midi de mardi, les CFF ont indiqué avoir enregistré 30 plaintes à propos de cette affiche.

Le relais de Martin Landolt

La semaine passée, le président du PBD Martin Landolt a fait sensation en relayant l’affiche par le biais de son compte Twitter. La démarche a choqué à la fois les partisans de l’initiative UDC et certains opposants, ces derniers jugeant qu’une telle comparaison est excessive.

A la suite de la publication de ce tweet, Christine Bussat, la présidente de la Marche Blanche, a quitté avec fracas le PBD.

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