Alors qu’en France les rassemblements en marge de la conférence de Paris sur les changements climatiques (COP21) sont annulés par mesure de sécurité; en Suisse romande, les actions se multiplient. Echantillon des manifestations proposées.

Simulation de négociations

Une semaine pour comprendre la COP21: tel a été le défi que se sont lancé des étudiants de l’Université de Lausanne et de l’EPFL. Des stands, des présentations et des workshops sur les questions climatiques se sont tenus cette semaine et Mehdi Tarik, président de l’association Tree est fier de constater que les centaines de jeunes qu’il a rencontrés comprennent désormais les enjeux de la conférence parisienne. Une simulation de négociations étatiques a été organisée dans le respect des propositions qui seront véritablement présentées par les chefs d’Etat la semaine prochaine. «Les pays développés qui nous ont déçus sont l’Australie, le Canada et le Japon», commence Mehdi Tarik. «Ils ne remettent pas en question leur exploitation d’énergie fossile et ne développent pas assez leur aide internationale. Le Japon malgré les catastrophes qu’il a vécues continue à privilégier ses centrales nucléaires.» Une bonne note est décernée à la France pour la multiplication de ses interventions, mais d’après Mehdi Tarik, «c’est parce que François Hollande en a fait une affaire personnelle». Les autres bons points sont accordés au Maroc, au Costa Rica et à l’Ethiopie «qui ont proposé des mesures encourageantes». Dimanche après-midi, des marches seront lancées depuis quatre différentes places de Lausanne et se rejoindront sur l’esplanade de Montbenon.

Tornade éphémère

Yverdon a mandaté deux artistes de Land art, Sylvain Meyer et Jan Reymond, pour sensibiliser ses habitants aux questions environnementales. Une tornade, symbole du dérèglement climatique, a été érigée de manière éphémère en plein centre-ville. «Avec cette oeuvre d’art, les passants font chacun à leur manière le lien avec le climat», décrit Marie Kolb, responsable de l’Agenda21 de la ville d’Yverdon-les-bains. «Les branches de saule tressées montent vers le ciel et un système de rotation permet de faire tourner la structure comme une véritable tornade», décrit-elle. Selon l’administratrice, la possibilité de côtoyer un tel objet, de le toucher, est une manière de s’intéresser aux questions qui seront soulevées à la COP21. La ville thermale est également à l’origine de l’exposition «Ressourcity», sensibilisant le public à l’impact des gestes quotidiens sur les ressources naturelles. Quinze classes ont été amenées à visiter l’endroit et à réfléchir ainsi à des comportements plus responsables. Enfin, une marche citoyenne aura lieu dimanche à travers la ville.

Adoption d’un plan cantonal

Quant à Genève, quatre mille personnes sont attendues samedi, suite à l’initiative lancée par un groupe d’associations environnementales réunies sous l’égide de Coalition Climat 21. Selon le directeur général de l’environnement Daniel Chambaz, «Genève a pris conscience du problème climatique et veut faire sa part». Le Conseil d’Etat a adopté mercredi son plan cantonal avec pour objectif de réduire de 40%, d’ici 2030, les émissions de CO2 par rapport à 1990. «Il s’agit maintenant, par ces manifestations, de lancer un message aux gouvernements qui se réuniront à la COP21. La population civile se fait du souci et leur demande de prendre des mesures fortes», lance Daniel Chambaz.