Coppet, un patrimoine qui mérite mieux

Métropole L’EPFL se mêle au débat sur l’avenir du bourg vaudois

On propose un nouveau scénario pour densifier le quartier de la gare

Il fut un temps où l’esprit régnait à Coppet. Aujourd’hui, l’ancien bourg vaudois, noyé dans le périurbain lémanique, fait surtout parler de lui par la querelle autour du nouveau quartier de la gare, un projet dont on discute depuis 2007 et qui est actuellement paralysé .

Le déblocage viendra-t-il de l’EPFL? La haute école a livré lundi plusieurs scénarios pour tenter de concilier ce qui peut sembler inconciliable: la densification sur des terrains idéalement placés à portée de la ligne CFF et la préservation du patrimoine historique exceptionnel que constitue le château de Necker et de Mme de Staël avec son écrin de verdure.

Les experts de l’EPFL, plus exactement de sa Communauté d’études pour l’aménagement du territoire (CEAT), ont été mandatés par l’association d’habitants Vision-Coppet, ce qui en fait une démarche très originale. Soucieuse de se montrer constructive après avoir combattu le plan de développement localisé (PDL) de la gare de Coppet, cette association a réuni les 35 000 francs nécessaires pour payer ce travail.

«Dans une agglomération genevoise en forte croissance, il est clair que nous ne pouvons que soutenir un projet de densification», souligne le géographe Martin Schuler, l’un des auteurs de l’étude. Mais le site, au vu de son importance historique et paysagère, insuffisamment prise en compte, mérite mieux que le traitement qui lui était réservé jusqu’ici, ajoute-t-il en substance.

Les scénarios des experts vont du statu quo légèrement amélioré à la nouvelle donne. Ils proposent de réduire l’emprise du nouveau quartier sur les champs qui entourent le château, mais aussi le déplacement des zones à bâtir au nord de la commune, au lieu-dit Les Vues. Dans le scénario extrême, une nouvelle gare intermodale s’installerait sur ce dernier site, l’actuelle ne servant plus que d’arrêt RER.

Bien qu’ayant travaillé «en toute indépendance», les experts ont repris des idées de Vision-Coppet. Comme celle d’implanter à proximité du château un «musée d’importance internationale», un «geste architectural majeur» devant servir de vitrine aux nouvelles ambitions proclamées. La nécessité de mieux exploiter le patrimoine de Coppet ne semble pas faire de doute. La Fondation Othenin d’Haussonville, du nom du propriétaire, s’y applique aussi: elle invite ce dimanche à une Journée de Coppet sur l’engagement anti-esclavagiste des illustres habitants du château.

«En commandant cette étude, nous avons fait ce que les autorités auraient dû faire», estime Philippe Braillard, président de Vision-Coppet, qui veut maintenant «laisser la place au débat public». Le syndic Gérard Produit assure que l’autorité tiendra compte de cette étude, se disant même prêt à rembourser une partie des frais si son utilité est prouvée. Il n’en relève pas moins que l’EPFL ne remet pas en cause un développement autour de la gare.

Othenin d’Haussonville, principal propriétaire de cet écrin de verdure, semble pressé de vendre des terrains pour financer des travaux d’entretien dont il supporte l’essentiel. Mais la commune vient de suspendre l’achat pour 900 000 francs d’une autre partie du parc: les enfants du comte ont exigé un examen de la capacité de discernement de leur père.

Le groupe de Coppet face à l’esclavage. Conférences au château. Dimanche 8 septembre. dès 10h.