«Genève est une ville où nul homme n’est étranger.» Ces mots du romancier Robert de Traz résonnent profondément dans l’ouvrage collectif Genève: cinq siècles d’accueil, récemment publié aux Editions Notari. L’historienne genevoise Corinne Walker a participé à l’élaboration de cette publication, conçue comme un hommage à la longue tradition d’accueil du canton. Imprimerie, industrie textile, horlogerie ou encore dorure: de nombreux secteurs ont bénéficié de l’apport des immigrés installés dans la Cité de Calvin depuis le XVIe siècle. Enrichi de cartes et de gravures d’époque, l’ouvrage brosse le portrait d’une trentaine d’entre eux, connus ou moins connus, qu’ils soient Français, Italiens ou Russes, théologiens, artisans ou encore scientifiques. Alors que la crise met la solidarité à rude épreuve, que la politique d’asile se durcit un peu partout en Europe, que reste-t-il de «l’esprit de Genève»?

Le Temps: Comment se constitue l’ADN genevois au fil des siècles?