C’est une décision qui a fait l’effet d’une bombe que celle qu’a prise le Conseil fédéral ce vendredi 28 février au cours d’une séance extraordinaire. En raison de la propagation du coronavirus, il interdit toutes les manifestations de plus de 1000 personnes avec effet immédiat, et cela jusqu’au 15 mars. Il a ainsi déclenché une avalanche d’annulations de manifestations économiques, culturelles et sportives. Dans le monde politique, les réactions sont partagées. Les uns applaudissent, les autres secouent la tête, comme l’ancien chef du groupe PDC Filippo Lombardi. «Le gouvernement demande à ses citoyens de ne pas céder à la panique, mais ses mesures contribuent à faire paniquer bien des gens», regrette-t-il.

L’on est passé d’un «temps normal» à une «situation particulière», la phase deux du plan de pandémie, en application de la loi sur les épidémies et de l’ordonnance correspondante. Tout le monde s’attendait à ce que le Conseil fédéral décrète un jour cette mesure. En revanche, la rapidité avec laquelle il a agi a beaucoup surpris, car la situation ne s’est pas aggravée de manière dramatique en moins de 24 heures. «Nous n’avons pas perdu la chaîne d’infection en Suisse», a d’ailleurs assuré le ministre de la Santé, Alain Berset. Notre pays compte désormais une quinzaine de personnes testées positivement – en plutôt bonne santé – et une centaine de personnes mises en quarantaine.