Ils sont partis pour un marathon d’un mois et, le 22 septembre, les Fribourgeois trancheront. Qui du socialiste Jean-François Steiert ou du PDC Jean-Pierre Siggen succédera à Isabelle Chassot au Conseil d’Etat?

Le premier a pris une longueur d’avance. Des pancartes rectangulaires ont commencé à pousser au bord des routes il y a une dizaine de jours déjà. «Jean-François Steiert au Conseil d’Etat.» Son slogan précise: «Le meilleur pour vos enfants et pour Fribourg.»

Le conseiller national socialiste n’a pas perdu de temps cet été. Le 1er août, et contrairement à son adversaire, il était de retour de vacances. Il a pu profiter de la fête nationale pour sillonner la campagne, exactement là où les deux candidats, citadins de la ville de Fribourg, doivent marquer des points. Jean-François Steiert était l’orateur de la commune glânoise de Châtonnaye, invité par l’ancienne présidente de la fanfare paroissiale, par ailleurs membre de l’UDC. Et il a accompagné deux conseillers fédéraux présents en terre fribourgeoise pour l’occasion: le PLR Johann Schneider-Ammann à Gruyères et sa camarade socialiste Simonetta Sommaruga à Farvagny.

Ne manquait qu’Alain Berset pour compléter ce tableau idyllique. Le 27 août, le Parti socialiste fribourgeois organise à Bulle un débat sur la loi sur les épidémies, l’un des objets de la votation du 22 septembre. Conférencier principal: Alain Berset. Participant au débat qui suit: Jean-François Steiert. Le ministre socialiste, qui a nommé Isabelle Chassot à l’Office fédéral de la culture, s’affichera ainsi publiquement au côté du candidat qui brigue la succession de la conseillère d’Etat, et dont la possible élection ferait basculer le gouvernement à gauche. Les socialistes réfutent tout lien entre cette manifestation et l’élection complémentaire: un tel débat était prévu de longue date et Jean-François Steiert est par ailleurs coprésident du comité de soutien à la loi sur les épidémies.

Si Jean-François Steiert est élu, ce ne sera pas grâce à la loi sur les épidémies, c’est certain. Mais la machinerie du PS fribourgeois, bénéficiant qui plus est de l’aura d’un Christian Levrat, fonctionne à plein rendement, frôlant même l’arrogance face à un PDC écartelé entre ses différentes chapelles.

Car au sein du PDC, la fumée des canons s’est tout juste dissipée après les disputes autour de l’opportunité d’une alliance avec le PLR et l’UDC. Il a en effet fallu des semaines et beaucoup de sueur pour que le PDC approuve une convention portant sur le soutien à une seule candidature de la droite, celle de Jean-Pierre Siggen, directeur de l’Union patronale du canton de Fribourg. Avec, en contrepartie, un apparentement pour les prochaines élections cantonales de 2016. Ce mercredi soir et après l’UDC fin juillet, les délégués du PLR pourront approuver à leur tour cette alliance, ce qui permettra à la droite de lancer la campagne.

Fin du psychodrame? Officiellement. Car rien ne dit que l’électorat de droite suivra. Le PDC se sent en tout cas obligé d’envoyer encore un courrier à ses membres pour expliquer une nouvelle fois les raisons de ce choix stratégique. D’ici là, Jean-Pierre Siggen aura aussi sa photo bien en vue, accompagnée du slogan «avec le cœur et la raison».