II y a trois pays dans le monde où la Shoah est un thème qui revient régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement, sur le devant de la scène politique: Israël, l'Allemagne et les Etats-Unis. Outre-Atlantique, l'Holocauste est un sujet d'étude prisé dans les universités. De nombreux intellectuels, juifs et non juifs, empoignent sans cesse la même question: comment des êtres humains ont pu inventer et mettre en pratique des chambres à gaz. Lorsque des ouvrages paraissent qui portent sur cette période tragique de l'histoire du XXe siècle, il n'est pas rare que le débat gagne la société civile et envahisse les médias.

Dans l'ensemble, cette évolution est positive. L'oubli est la pire des choses qui puisse arriver aux survivants des camps de concentration et à la mémoire de ceux qui n'en sont pas revenus. Ponctuellement, cependant, cela peut aussi conduire à des dérapages. C'est le cas avec le livre de Norman Finkelstein. Ce dernier omet, dans son argumentation, de rappeler l'origine de l'action des organisations juives américaines contre les banques suisses. Il ne dit pas que certaines d'entre elles ont fait preuve d'une insensibilité crasse face aux efforts des victimes ou de leurs héritiers pour récupérer ce qui leur appartenait. Bref, il oublie l'essentiel: sans l'intervention des groupes de pression juifs, la justice n'aurait tout simplement jamais été rendue.