Les recherches déclenchées après l'avalanche se sont poursuivies durant la nuit de mardi à mercredi. Aucune autre victime n'a pour l'instant été retrouvée, a indiqué la police cantonale valaisanne.

Les visages sont fermés et l’atmosphère est lourde, ce mardi soir, lors de la conférence de presse mise sur pied par la police cantonale valaisanne à Crans-Montana. Quelques heures plus tôt, une avalanche a frappé la piste de la Plaine Morte, sur le domaine skiable de la station, et emporté plusieurs personnes.

«A l’heure actuelle, il n’y a aucun décès à déplorer», annonce Frédéric Favre, le conseiller d’Etat chargé de la sécurité. Cette nouvelle, rassurante, ne semble pourtant pas tranquilliser les esprits. Plusieurs témoins ont vu la coulée emporter des skieurs. «Il est possible que des personnes se trouvent toujours sous cette coulée de neige», souligne Christian Varone, le commandant de la police valaisanne.

Les recherches vont donc continuer durant la nuit. Plus de 240 personnes, épaulées par huit hélicoptères, s’affairent pour retrouver d’éventuelles victimes. «Nous avons engagé le maximum de moyens sur cette intervention», explique Christian Varone, qui précise que quatre personnes ont été blessées dans cette avalanche. «Le pronostic vital de l’une d’entre elles est engagé», détaille-t-il.

840 mètres de long et 100 de large

Cinq heures avant cette conférence de presse, aux alentours de 14h15, une avalanche dévale les pentes qui entourent la piste du Kandahar, qui permet de relier le glacier de la Plaine Morte au reste du domaine skiable. La coulée s’étend sur 840 mètres de long et 100 de large. La piste est recouverte par la neige sur une longueur de 400 mètres.

Il est encore trop tôt pour connaître les circonstances exactes de ce drame. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière. La procureure Catherine Seppey évoque deux hypothèses: «Un ou des skieurs peuvent être à l’origine de cette coulée ou alors elle peut s’être déclenchée spontanément, en raison des conditions climatiques.» Si ce deuxième cas de figure devait se confirmer, le Ministère public valaisan devrait déterminer à qui incombe la responsabilité de ce drame.

Si les remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona devaient avoir mal effectué leur travail de sécurisation du domaine skiable, elles pourraient notamment être poursuivies pour lésions corporelles simples ou graves, voire homicide – s’il devait y avoir des morts –, le tout par négligence.

«Une avalanche de neige mouillée»

Robert Bolognesi, directeur de Meteorisk, connaît très bien le domaine skiable de Crans-Montana. Le nivologue explique que les pentes qui ont vu l’avalanche se déclencher sont très surveillées, car elles peuvent être problématiques dès qu’il y a un réchauffement. Or, c’est exactement ce qu’il s’est passé ces derniers jours, avec un redoux et un fort ensoleillement.

«Je ne me suis pas encore rendu sur place, donc il est difficile pour moi d’être catégorique», tient à préciser Robert Bolognesi. Pour le nivologue, il s’agit toutefois «d’une avalanche de neige mouillée», qui pourrait être expliquée par les conditions météorologiques.

Des coulées de ce type ont déjà été constatées récemment dans les Alpes romandes, mais à plus basse altitude, explique Robert Bolognesi. Le drame survenu ce mardi pourrait signifier le début d’une série d’avalanches de neige humide. «Cette coulée doit être interprétée comme un signal de danger pour les pentes raides et bien ensoleillées dans les prochains jours», souligne Robert Bolognesi.

Le nivologue précise qu’un tel événement ne peut survenir qu’en deuxième partie de journée: «Le danger augmente au fur et à mesure de la journée, en même temps que les températures. Les nuits froides, avec un mercure qui reste sous la barre du zéro degré, empêchent qu’un tel événement se produise dans le courant de la matinée à une telle altitude.»

Des recherches plus compliquées

La neige humide emportée par une telle avalanche est dense. «Dans ce genre de conditions, les recherches sont plus compliquées», reconnaît Pierre Huguenin, responsable de l’antenne sédunoise de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF). Qui dit plus compliquées dit plus longues. Or, le temps est un élément primordial lors de la recherche de victimes d’avalanches. Leurs chances de survie dépendent, en effet, du temps passé ensevelies sous la neige.