La police genevoise s'est déployée en force aux Pâquis dans la nuit de jeudi à vendredi. Peu après minuit, des dizaines de gendarmes ont investi le Duplex, une boîte de nuit de la rue de Monthoux, qui fonctionnait sans autorisation depuis des années. Parmi les vingt personnes contrôlées, dix ont été emmenées au poste. Neuf ont été relâchées vers 4 h tandis qu'un individu sous le coup d'un mandat d'arrêt à Lucerne a été transféré dans ce canton.

Les services du feu, des douanes ainsi que la régie des alcools qui secondaient les forces de l'ordre ont passé le lieu au peigne fin, avec l'aide notamment de chiens. Trois boulettes de coke ont été trouvées ainsi que divers sachets de stupéfiants. Les services du commerce ont ordonné la fermeture du club «qui ne répondait pas aux exigences de la loi réglementant la restauration, les débits de boissons et l'hébergement». La police a ensuite posé les scellés.

«Il y en aura d'autres»

Cette opération s'inscrit dans un contexte de fortes tensions dans le quartier jugé le plus chaud de Genève. Depuis des semaines, les faits divers s'y succèdent avec pour point commun la violence physique. Des associations d'habitants et de commerçants ont rencontré la semaine passée le commandant de la gendarmerie pour lui faire part de leur crainte de voir les Pâquis «basculer dans le camp des bandes».

L'officier avait alors promis de «faire le ménage et reprendre le contrôle de la rue grâce notamment à un renforcement temporaire de nos effectifs». Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police, confirme par ailleurs que «cette intervention dans les Pâquis fait partie d'une opération globale» et qu'«il y en aura d'autres».

Les riverains ont accueilli avec satisfaction ce déploiement sécuritaire. «Le Duplex engendrait beaucoup de nuisances, il attirait plein de dealers», témoigne Alain, un voisin qui avoue «avoir pu pour la première fois dormir la fenêtre ouverte vendredi matin». Jacky, le patron du Bistrot du Coin, qui fait face au Duplex, espère de son côté pouvoir enfin ouvrir sa terrasse jusqu'à 2h: «Je devais fermer à minuit parce que les types devenaient vraiment méchants», raconte-t-il.