Faut-il soutenir l’application des technologies photovoltaïques connues ou participer à la promotion de la recherche visant à un rendement accru? Le président des sociétés filiales des Forces motrices bernoises (FMB Energie) spécialisées dans les énergies renouvelables, Martin Pfisterer, prône «une politique de promotion équilibrée».

En fait, il lance un coup de gueule contre la stratégie de subventionnement des installations solaires prônée par la Confédération. «La politique suisse mise unilatéralement sur la promotion des applications solaires existantes», constate-t-il. Et cela produit deux effets néfastes à ses yeux: «Elle a généré un boom qui ne sera sans doute pas durable et, ce faisant, la frustration de détenteurs de projets qui ne sont pas, ou trop peu, subventionnés.»

Plus grave, aux yeux de Martin Pfisterer qui s’exprimait mercredi, devant la centrale solaire de Mont-Soleil, au-dessus de Saint-Imier: «Il faut saluer un subventionnement approprié du photovoltaïque, mais le subventionnement inapproprié par rapport aux avancées techniques actuelles et axé uniquement sur les applications ne nous mènera pas au but recherché.» Plus loin dans son discours: «S’ils entendent aider le photovoltaïque à percer durablement, les pouvoirs publics doivent soutenir la recherche et le développement au moins autant que l’application des technologies existantes. Ce n’est malheureusement pas le cas.»

Selon le patron de ce qui fut, en 1992, la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe – le site de Mont-Soleil continue d’expérimenter les cellules solaires actuelles –, plusieurs technologies sont en opposition: les cellules cristallines éprouvées, une nouvelle génération de cellules en silicium à contact arrière qui offrent des rendements supérieurs de 20%, et les cellules à couches très minces, moins chères mais qui nécessitent davantage de surface. Ces technologies «font toutes l’objets de développements importants», note Martin Pfisterer.