Genève

Le coup de gueule des Jeunes libéraux-radicaux

Les Jeunes libéraux-radicaux veulent une réforme interne du PLR. Ils souhaitent notamment une réduction significative du nombre de personnes siégeant au comité directeur, dans l’espoir de davantage de discipline

Comment redonner de l’allant au PLR genevois, qui a du plomb dans l’aile? Les Jeunes libéraux-radicaux genevois croient le savoir. Ils veulent lancer une réforme interne au parti bourgeois, un genre de cure d’amaigrissement des structures décisionnelles, qu’ils proposeront lors de l’assemblée générale en mai prochain.

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Éviter la «théâtralisation»

Thomas Juch, président des Jeunes, n’y va pas par quatre chemins: «Le PLR est aujourd’hui incapable de gérer des crises ou de mener une campagne qui débouche sur le succès.» Forts de ce constat, les cadets du parti bourgeois proposent comme première mesure de réduire significativement le nombre de personnes siégeant au comité directeur, sur les modèles d’Argovie ou de Bâle-Ville: «Aujourd’hui, plus de 30 personnes y siègent, et c’est trop, avance Thomas Juch. Il en faudrait environ sept. Ce comité directeur peine à dégager des majorités, il y a trop d’électrons libres en son sein, il est incapable aussi d’avoir des débats sains et limités dans le temps, malgré un président rassembleur. De ce fait, il y a des fuites préjudiciables au parti.»

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Le jeune président en veut pour preuve la manière dont le parti a géré l’affaire Maudet: «Pendant une semaine, la direction du parti a changé trois fois d’avis, pour déboucher finalement sur une assemblée générale.» Il en déduit que les structures ne permettent pas une direction forte et efficace. Et pas la peine de lui opposer que l’affaire, de par son ampleur et sa gravité, était sans doute de nature à mettre à mal n’importe quelle autre organisation de parti: «Aujourd’hui c’est l’affaire Maudet, demain ce sera autre chose, répond-il. Ce qui importe, c’est d’éviter la théâtralisation qui démobilise l’électorat, comme on l’a vu.»

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«Une génération responsable de la faiblesse»

Deuxième mesure que proposent les cadets des bourgeois: faire élire les vice-présidents par l’assemblée générale, et dans un nombre limité: «Ce qui est grave à Genève, c’est que les vice-présidents sont élus sur proposition du président. C’est un genre de cooptation qui ne leur donne ni visibilité, ni légitimité», estime Thomas Juch, qui résume ainsi sa préférence pour une ossature solide à une souplesse créative: «Le PLR n’a pas besoin d’un forum, mais d’une structure décisionnelle. Il n’y a pas chez nous suffisamment de respect de la chaîne de commandement.»

Face à ce ton martial et à ce goût avoué pour la discipline, l’architecture mentale du président du PLR genevois, Bertrand Reich, n’en paraît que plus subtile: «Une organisation militaire avec des ordres venant d’en haut et exécutés en bas ne fonctionne pas. Le PLR est un lieu de débat, les ronchonnements et les coups de gueule n’empêchent pas une immense discipline, au fond.» Sur la question des vice-présidents, il estime que «la tâche d’un président n’amenant pas du bonheur tous les jours, il vaut mieux qu’il puisse se prononcer sur ceux qui partageront ce bonheur. De toute manière, l’assemblée générale a le dernier mot. Mais on ne fait pas une réforme institutionnelle au prétexte que certaines personnes ne conviendraient pas.»

Y aurait-il en effet une volonté de dégagisme derrière la réforme souhaitée par les jeunes bourgeois, encouragés par les succès au Conseil des Etats de Johanna Gapany à Fribourg ou au Conseil national d’Andri Silberschmidt à Zurich? «Il y a au PLR genevois une génération qui est responsable de sa faiblesse et dont certains représentants attendent encore leur élection, répond Thomas Juch. C’est dommage, car on a plus de difficulté à placer des jeunes.»

C’est la seconde fois en peu de temps que les Jeunes libéraux-radicaux font la leçon à leurs aînés. Ils ont aussi donné de la voix pour le deuxième tour au Conseil des Etats – où le candidat Hugues Hiltpold et la PDC Béatrice Hirsch ont mordu la poussière. Ils avaient alors appelé à une union des droites avec les Jeunes UDC pour tenter de renverser la vapeur. On verra si ce nouveau débat provoquera des étincelles ou l’ennui profond.

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