Les chiffres le montrent: les écoliers étrangers n'ont pas les mêmes chances de réussite que les petits Suisses. «Les étrangers qui quittent l'école sont désavantagés», a rappelé vendredi à la presse Edith Olibet, à la tête du Département pour la formation, l'environnement et l'intégration de la Ville de Berne. La situation n'est pas nouvelle, mais devient plus marquée alors que la population étrangère de Berne ne cesse de croître: de 12,6% en 1980, elle est passée à 21,5% en 2002; en 1990, dans les 45 classes réduites, 39,3% des écoliers étaient étrangers, contre 54,7% aujourd'hui pour 62 classes. 26% des jeunes étrangers qui quittent l'école entament un apprentissage, contre 38% des jeunes Suisses. Ces différences de résultats sont essentiellement dues, selon Werner Krebs, à la tête de l'Office scolaire, à «un manque de connaissances en allemand».

Connaissances basiques

La réponse de Berne à ces carences: le projet «Intégration – pour une école multiculturelle et socialement diversifiée en Ville de Berne» («Integration – für eine multikulturelle und sozial vielfältige Schule in der Stadt Bern», IMSS), qui propose une série de mesures ayant pour but d'optimiser l'apprentissage de l'allemand, afin d'améliorer l'insertion professionnelle par la suite. Premier objectif, que parents et enfants puissent acquérir des connaissances basiques de l'allemand dès avant le jardin d'enfants, afin de permettre une meilleure intégration et aux parents une meilleure compréhension du jargon de l'école. Des projets-pilotes ont déjà été lancés dans des groupes de jeux de Wylerhuus et Bethlehem.

Ensuite, les mesures existantes, telles que les cours d'allemand pour les étrangers (Kurs Deutsch für Fremdsprachige, DfF) et les classes pour les élèves étrangers (KfF) – il en existe 15 à Berne –, seront optimisées. Une formation continue sera également dispensée au personnel enseignant, et la collaboration entre les différentes instances améliorée. Par ailleurs, des campagnes d'information sont prévues pour les parents. Edith Olibet a exprimé le souhait que la diversité culturelle des écoles bernoises soit perçue comme un atout et non un handicap, et que le stigmate pesant sur certaines écoles, comme dans les quartiers de Brunnmatt ou Breitfeld, disparaissent.