Cent vingt-sept. C’est le nombre de communiqués de presse que les sept membres de la municipalité lausannoise ont publiés depuis août dernier. En campagne pour les élections communales de mars, les magistrats qui se présentent à leur propre succession savent le prix d’une bonne présence médiatique.

A ce jeu-là, les deux grands gagnants sont pour l’instant le syndic vert Daniel Brélaz et le popiste Marc Vuilleumier, responsable de la Police et des sports. Chacun d’entre eux a signé 28 communiqués de presse en 6 mois. A l’inverse, ceux qui ne se représentent pas, les socialistes Silvia Zamora et Jean-Christophe Bourquin, sont peu visibles dans la presse.

Seul membre de droite au sein du collège, le libéral-radical Olivier Français n’est pas en reste, avec 16 communiqués. S’y ajoutent 22 préavis et projets que l’édile chargé des Travaux a rendus publics ces 6 derniers mois, dont 12 en décembre et en janvier. Et ces trois dernières semaines, il a aligné les conférences de presse: une fois pour fêter les 5 ans de l’usine d’incinération Tridel, une autre pour se réjouir des résultats des tests de la station d’épuration de Vidy, ou pour présenter les futurs aménagements pour piétons et cyclistes pour 13,26 millions de francs.

«Il n’y a aucune récupération politique», explique-t-il. Il s’agit selon lui d’un «hasard du calendrier». Or les Lausannois ont reçu il y a quelques jours un tous-ménages les invitant à lui renouveler leur confiance et soulignant ses combats: l’eau et la mobilité. Récupération? «Absolument pas, répond-il. C’est mon rôle de mettre la pression sur les autres candidats. Mon objectif était que ces projets soient présentés l’an dernier. J’ai du retard.»

La semaine dernière, c’était le syndic, Daniel Brélaz, qui expliquait en fanfare devant la presse que la Ville réduirait sa dette de 25 millions de francs, sur un total de plus de 2 milliards. En novembre, l’autre Vert, Jean-Yves Pidoux, annonçait à plusieurs reprises les nouvelles offres du Téléréseau lausannois. Au sein de la municipalité et des partis, ces annonces crispent, chacun imaginant que l’autre tire la couverture à soi.

Les garderies et le programme socialiste

Aucun parti n’est en reste. Exemple avec le socialiste Oscar Tosato, responsable de l’Enfance. En novembre, les 800 éducatrices des garderies lausannoises du «Réseau L» ont vanté durant dix jours les services fournis par leurs institutions. Affiches, badges offerts aux enfants et aux parents, le tout a coûté 65 000 francs à la Ville, juste au moment où le Parti socialiste présentait son programme (LT du 02.11.2010).

«Mon bilan se fera sur mon action globale et non sur ce projet, explique Oscar Tosato. D’ailleurs, cette fête ne s’est pas faite autour de ma per­sonne, mais autour des éducatrices.» Bientôt, pourtant, il annoncera des baisses de tarif pour les enfants dont un frère ou une sœur sont déjà accueillis dans une garderie lausannoise. Coup de pub? «Non, explique-t-il. C’est une disposition de la Fondation vaudoise pour l’accueil de jour des enfants (FAJE): ces baisses interviennent entre janvier et avril 2011.»