Les problèmes d'argent sont à l'origine de la plupart des scènes de ménage. Tous les sociologues le disent, mais on aurait voulu que le couple Wenger-Heller, apparu si soudé l'hiver dernier durant la période de report et de redéfinition de l'Expo nationale, échappe à la règle des malheurs conjugaux. Malheureusement, au cours d'une année harassante, les défauts de chacun ont grossi aux yeux de l'autre. Le manque de rayonnement en Suisse alémanique d'une directrice générale qui de surcroît a la réputation d'accaparer le pouvoir et de faire peu de cas des avis divergents ne participe pas au bon fonctionnement de ce qui avait été présenté comme un duo harmonieux de directeurs complémentaires: elle au front, lui à la réflexion. Quand il s'agit d'établir des priorités et des sacrifices dus au manque d'argent, il devient beaucoup plus difficile de céder devant l'autre. Intelligent, Martin Heller, en position de faiblesse, fait pour cette fois le poing dans sa poche et ravale sa salive devant les caméras. Les problèmes ne sont de loin pas résolus – d'autres apparaissent encore – mais Expo.02 ne peut plus se permettre de divorce. Le couple l'a compris. Sous la pression des politiques, les chefs semblent – et c'est nouveau à l'Expo – faire passer l'intérêt général de la manifestation avant leur querelle de personne.

C. S.